🎱 Jean D Ormesson Le Train De La Vie

En2009, il publie coup sur coup deux ouvrages, L'Enfant qui attendait un train, un album jeunesse, et Saveur du temps, le deuxième tome de ses chroniques au Figaro. En avril 2015, Jean d'Ormesson rejoint la prestigieuse collection de la « Pléiade ». À près de 90 ans, il est le seizième auteur à y entrer de son vivant, après le poète
Home»Editos»Jean d’Ormesson aimait la vie et le vin 2017-12-09 Nous tenons à rendre hommage à Jean d’Ormesson. Il est difficile d’être triste tant son esprit lumineux et son regard rieur considéraient la mort avec philosophie. Il portait avec élégance la culture française et les humanités, dont il tirait profit pour bâtir une réflexion politique sage, modérée, éclairée. Il aimait la vie et le vin ! Rien n’est plus proche de l’absolu qu’un amour en train de naître. » Jean comte d’Ormesson, prince des lettres The Author Vladimir Kauffmann Vladimir Kauffmann est éditeur et directeur de la rédaction de la RVI Après des vendanges et des vinifications miraculeuses à Pétrus en 1995 et une carrière en banque d’affaires à Londres, Singapour, Genève et Paris, il revient à ses premiers amours et reprend la RVI en 2010. Passionné de voyages et de toutes les régions viticoles, Vladimir a un regard pétillant sur les vignobles français et étrangers et sur la distribution et l’export. Retrouvez la chronique internationale de Vladimir Kauffmann dans l’émission "In Vino" sur BFM Business et sur
Letrain de vie. par Jean-Michel Bollet. Je n’ai jamais compris pourquoi le train de vie. Conduisait à la mort ; Mon cheval fut épris d’une route suivie. Sans peur et sans remords. Ainsi, c’est avec lui que je courus les plaines, Les déserts et les monts ; Nous faisions pénétrer d’entières brassées pleines.
Qui sommes-nous ? 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Le chapelet Réciter le chapelet Les Mystères du Rosaire Saint Jean-Paul II Lettre sur le Rosaire Ce que l’on découvre en récitant le chapelet Autres Prières Se reposer devant Toi, Seigneur ! Prière au Saint-Esprit Va, Pèlerin Béatitudes pour le temps des vacances Prière des étudiants Prière au Saint-Esprit Prière au Créateur, Père de l’humanité Seigneur, envoyez votre Esprit... Prière à l’Esprit de Vie Gloire à Dieu, Père, Fils et Esprit Prière de Charles de Foucauld Saint Joseph, un cœur de père Que ta vie soit un chant ! Prière à Marie, Mère de l’espérance Jésus, notre chemin de vie Toi, le Ressuscité Christ est ressuscité ! Tu es venu chercher un rameau Prendre un rameau… Prière pour la paix en Ukraine Tu es mon compagnon de route Comme la Samaritaine Prière à Marie pour la paix Je suis semblable aux cendres… Le meilleur Jeûne pendant ce Carême Sur la route du Carême Prière pour la paix en Ukraine Je ne sais pas pourquoi Seigneur, viens à mon secours… Que dire devant la souffrance ? Prière pour la Chandeleur Prière pour la Présentation de Jésus au Temple Pour nos frères, viens Esprit Prière à Marie, Notre Dame de Paix Bénédiction du Nouvel An Triduum à l’Enfant Jésus Sur la route de l’Avent… Saint Joseph, de l’attente et de l’Avent La Bonne Nouvelle de l'Avent ! Prière au Christ Roi de l’univers Prions pour tous les saints Ils sont plus près de nous… Espérance d’une Vie nouvelle Il y a des vivants sur les deux rives ! Le Christ est tout pour nous Aide-moi, Seigneur à être… Marie, femme de l’écoute Pour que mon enfant dorme dans la paix Nativité de la Vierge Marie Notre Dame de la jeunesse Ô Marie, Mère de miséricorde Prière pour la rentrée Les vacances se terminent… Poème du signe de croix Prends Seigneur, tout est à toi ! Prière d’un fil électrique Et si l’on prenait le temps… Prière à Sainte Anne, mère de Marie Prière à Sainte Anne Prière des grands-parents Prière pour la Première Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées Prières à la Vierge Marie Litanies à la Vierge Marie Prière à Marie pour les mamans Sainte Marie, gardez-moi un cœur d’enfant Prière à Marie, mère de la Paix Prière S’il te plaît Marie Prière de confiance à Marie Prière à Marie, Mère de l’Église Prière au Cœur Immaculé de Marie Prière à Marie, Mère de l’amour divin Prière à Marie Enfant Prière à Marie qui défait les nœuds Prière de Jean-Paul à la Vierge Marie Marie, je te regarde et je te dis merci Présentation de Marie au temple Marie, Reine du Rosaire de Fatima En vacances avec la Vierge Marie Visitation de la Vierge Marie Marie, Tu étais debout ! Vierge Marie, sois notre guide Marie, Mère de l'Eglise Mois de mai, mois de Marie Savais-tu Marie... Ô Marie, Mère de l’Amour Tu es la Toute Belle, ô Marie ! Près de Marie se penche l’ange venu du ciel ! Marie, bénis mon sommeil Offrir sa journée à Marie Prière à Notre-Dame du Sacerdoce Prière à Notre Dame de Guadalupe Prière à Notre Dame des Douleurs Prière à Notre-Dame du métro Prières à Notre-Dame du Liban Notre Dame du Mont Carmel Prière à Notre-Dame de Pentecôte Prière à Notre Dame de Lourdes Prière de Jean-Paul II à Notre-Dame de Paris Prière à Notre Dame de Fatima Nativité de la Vierge Prière d'abandon à la Vierge Prière du Pape François à la Vierge de Fatima Prière à l’Immaculée Conception Prières à Jésus Prière à l’Enfant Jésus Jésus, ouvre-nous ton cœur Litanie au Sacré Cœur de Jésus Divin Cœur de Jésus Jésus, tendresse du Père... Jésus, viens ouvrir nos maisons... Divin enfant Jésus, ayez pitié des gens tout seuls… Ascension de Jésus Prière au Sacré Cœur de Jésus Prière au Christ Roi Seigneur, ma maison t’attend ! Reste avec moi Seigneur Faire la paix, Seigneur Seigneur, je n’en peux plus Viens à notre aide, Seigneur… Etre là, Seigneur... Que se passe-t-il, Seigneur ? Je reste à la maison, Seigneur ! Éclaire ma nuit Seigneur ! Seigneur, ouvre nos cœurs... S’abriter contre le cœur du Seigneur Fais-nous voir Seigneur... Tu nous invites, Seigneur, à nous convertir Fais de nous des étoiles, Seigneur… Seigneur, je crois... Je veux chanter ton Nom, Seigneur ! Prières pour les vacances Prière pour ce temps d’été Prières pour l'été Joie... Partir... Admirer... Merci ! Merci mon Dieu pour ces vacances ! Prière pour le temps des vacances Béatitudes pour le temps des vacances Prière du voyageur Prière du voyageur Prière d'un matin d'été Tu es le Seigneur des vacances Vacances ! Prière à Saint Christophe Prières pour les papas Prière à Saint Joseph pour les papas Jésus, veille sur mon papa Prière pour les papas Prière pour la fête des Pères Prières pour les mamans Prière d’une future maman Prière d'un enfant pour sa maman Prière des parents Prière d’une mère au foyer Prières pour la journée et le soir Prière pour ma journée de travail Prière du soir pour trouver le sommeil Prière avant de partir au travail Menu du jour Prière pour être joyeux au quotidien Prenez le temps ! Pas le moral ? Récitez cette prière ! Je vais prendre le temps... Prière d’offrande du matin Prières pour les défunts Prière pour les défunts Prière pour les défunts Prière pour nos défunts Au bout de la mort, il y a la Vie Quelqu'un meurt... Prière pour les âmes du purgatoire Prière d’adieu pour un défunt Lettre au lendemain d’un départ Litanie des Saints anonymes Un grand Amour m’attend… Méditation Hymne pour le futur Prières pour la rentrée Prière pour la rentrée scolaire Prière de rentrée Après l’été... Dans mon cartable... Prières pour les malades Prière pour les malades Prière des malades à Notre Dame de Lourdes Prière pour la fin de la pandémie Prière à Saint Joseph face à l’épidémie Prière pour lutter contre le coronavirus Halte au virus ! Prières aux Anges Prière aux Saints Archanges Prière à l'Ange Gardien Prières à notre ange gardien Prière à votre ange gardien Prière à notre Ange gardien Dieu, envoie des anges à l’hôpital ! Prières pour la Semaine sainte Jeudi Saint Vendredi Saint Samedi Saint Prières Mère Teresa Prière de Mère Teresa La vie est la vie» Prière de Mère Teresa Je t’aime tel que tu es» Poème d’une fidèle à Mère Teresa Prière au Sacré Cœur de Jésus Prières pour Pâques Louange de Pâques En route vers Pâques Pâques Aube nouvelle Prière pour un matin de Pâques Prières pour le Carême Prière pour entrer en Carême Prière pour le Carême Délivre-nous Seigneur La prière de Jean Paul II à la Vierge Marie pour le Carême Aimer comme Dieu Entrons dans le désert Dieu seul peut donner la foi Prières au Saint Sacrement Prier devant le Saint Sacrement Prière au Saint Sacrement Prières pour le mercredi des Cendres Les Cendres notre cri vers Dieu L’acrostiche des CENDRES La trace de la Cendre... En attente du Feu Fais jaillir une vie nouvelle ! Prière de Sainte Elisabeth de la Trinité Prière à la Sainte Trinité Prière au matin de l’Ascension Prière à Saint Joseph Sur nos routes… Eclatons de lumière et de joie ! Ô Croix précieuse Prière pour l’Annonciation Prière pour le printemps Méditation Passer par le désert Prière de confiance Pour les femmes victimes de violence Pour la paix dans nos maisons Prière des Martyrs Tu m’attends encore Il nous faut la Lumière… Prière à Saint Joseph Ô viens Emmanuel ! Tu as répondu oui »… Vivre la communion spirituelle Pour les victimes de l’attentat de Nice Prière pour la Mission Que de tendresse dans ton Regard ! Prière de Saint François d’Assise Prière à Saint Michel Prière d’automne Prière à la Croix Glorieuse Prière pour la terre Prière pour l'Assomption Prière de la Transfiguration Prière d’abandon de Saint Ignace Je veux chanter ton Nom Prière des 13 demandes Litanie pour les prêtres Prière à Saint Pierre et Saint Paul Prière à Saint Jean-Baptiste Pentecôte Prière à l’Esprit Saint Comme un arbre près de l’Eau Vive… Reviendras-tu, Esprit Saint... Hymne pour l’Ascension Prière pour l'Ascension Sous ta protection nous nous réfugions Prière pour fiancés confinés Miséricorde est ton nom Prière de Sœur Faustine Ta miséricorde est sans limite ! Prière pour le dimanche des Rameaux Dieu est présent… Dans le désert de nos vies... Quarante jours Prière des époux Prière pour les personnes consacrées Prière pour la Vie Consacrée Prière du marcheur Il en a fallu des kilomètres… Que les Mages nous ouvrent la route ! Prière à la Sainte Famille J'attends... Prière pour les familles divisées Allume une braise dans ton cœur Prière pour la paix Je vous aime, mon Dieu ! Prière d'une personne âgée Respecter la Création Apprendre à pardonner et à demander pardon... Mois Missionnaire Extraordinaire Méditation sur le Signe de Croix Le Train de ma vie Prière pour notre terre Je n’avais rien à Te dire… Le Signe de Croix Prière à Saint Antoine de Padoue Souffle de Dieu... Prière à Saint Joseph Artisan Ressusciter Prière pour soutenir nos grands-parents Prière du pauvre Notre unique richesse Prière du soir pour trouver la paix Prière en allumant un cierge Prière pour nous aider à avancer Prier au conditionnel Prières pour la paix Une prière pour la paix Ô Père, donne-nous ta Paix ! Prière du pape pour la paix et la fin de la violence et du terrorisme Prière au cœur de la violence Prières à l’Esprit Saint Sans toi, rien n'est saint... Attentifs à ta présence... Je continuerai à croire... Au Père qui nous appelle Prière des 5 doigts» Aimer... Prière pour les personnes âgées Méditation sur le bien vivre Prière pour le Père Lanteri Litanies à la Vierge Marie Prières pour l'Avent Prière à Notre Dame de l’Avent Allume la première bougie de l’Avent, mon frère ! Prière pour l’Avent C'est l'Avent ! La Bonne Nouvelle Prières pour Noël C’est Noël ! Prière d’enfant pour Noël Prière pour ne pas oublier le sens de Noël Vivre Noël ! Un vrai Noël d’espérance... Fais Noël autour de toi ! Noël, le plus beau je t’aime » Prière devant la crèche Prières pour la nouvelle année Mon vœu pour la nouvelle année Vitrail pour l'an neuf Prière du Nouvel An Marie, Mère de miséricorde Témoignages et remerciements Témoignage de Jocelyne Témoignage d’Isabelle F. Témoignage de Rose Témoignage d’une maman Témoignage de Gisèle Témoignage de Sophie Témoignage de Marie Témoignage d’une maman Témoignage de Marie-Rose Témoignage de Cypriana Témoignage de Béatrice S. 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Textecérémonie laïque - Le train de la vie - Jean d'Ormesson Extrait du livre L’Enfant qui attendait écrit en 2009, Le train de la vie de Jean d’Ormesson Le train de la vie est un très beau texte de Jean d’Ormesson, célèbre écrivain et philosophe français. C’est une métaphore magnifique de la vie qui nous invite à savourer le moment présent, exprimer de la gratitude, pardonner et apprécier toutes les personnes que nous pouvons rencontrer. A méditer… A la naissance, on monte dans le train et on rencontre nos parents. Et on croit qu’ils voyageront toujours avec nous. Pourtant, à une station, nos parents descendront du train, nous laissant seuls continuer le voyage… Au fur et à mesure que le temps passe, d’autres personnes montent dans le train. Et ils seront importants notre fratrie, amis, enfants, même l’amour de notre vie. Beaucoup démissionneront même l’amour de notre vie et laisseront un vide plus ou moins grand. D’autres seront si discrets qu’on ne réalisera pas qu’ils ont quitté leurs sièges. Ce voyage en train sera plein de joies, de peines, d’attentes, de bonjours, d’au-revoirs et d’adieux. Le succès est d’avoir de bonnes relations avec tous les passagers pourvu qu’on donne le meilleur de nous-mêmes. On ne sait pas à quelle station nous descendrons. Donc vivons heureux, aimons et pardonnons ! Il est important de le faire, car lorsque nous descendrons du train, nous devrions ne laisser que des beaux souvenirs a ceux qui continuent leur voyage… Soyons heureux avec ce que nous avons et remercions le ciel de ce voyage fantastique. Aussi, merci d’être un des passagers de mon train. Et si je dois descendre à la prochaine station, je suis content d’avoir fait un bout de chemin avec toi ! Jean d’ Ormesson 11 septembre 2019 Letrain de la vie (jean d'Ormesson) Report this post Anne GAYRAUD Anne GAYRAUD ANIMATRICE COMMERCIALE chez Groupe Mutualia Published Jun 4, 2018 + Follow A la naissance, on monte dans le train et
Dans sa belle maison de Neuilly, une matinée de début de semaine. Elle se tient le plus souvent en retrait des médias. Elle parle pour parler de lui. ­Françoise et Jean d'Ormesson. Ils se sont mariés en 1962. Ils sont restés ensemble durant cinquante-cinq ans. Ils se sont souvent trompés, mais toujours aimés. Françoise d'Ormesson est assise à côté de moi, élégante, dans un canapé du rez-de-chaussée. "Ma fille et ma petite-fille me disent que je peux paraître hautaine et dure quand on ne me connaît pas. Je suis réservée, mais je ne suis pas dure." Elle parle de Jean d'Ormesson sans mièvrerie. L'académicien est mort le 5 ­décembre 2017 dans ses bras . Sa vie a changé. Elle a du mal à trouver le sommeil la nuit et le bonheur le jour. Il a été sa seule aussi - "C’était Jean", l’hommage à Jean d’Ormesson par son éditriceL'enfance "Ses deux uniques passions étaient les affaires et les femmes"Françoise d'Ormesson est l'une des trois filles de Ferdinand Béghin. Le patriarche autoritaire a été un célèbre industriel du sucre. Françoise est née entre Roselyne et Pascaline. "J'ai eu une enfance privilégiée sans être heureuse. Mon père était strict et ­sévère. Il était un grand capitaine d'industrie. Ses deux uniques passions étaient les affaires et les femmes. Ma mère a été malade jeune. Elle était souvent alitée. Je n'ai pas de souvenir de ma mère me prenant dans ses bras. J'étais très attachée à elle. Je me suis mariée la dernière. J'ai vécu avec ma mère jusqu'à l'âge de 24 ans. Elle est partie d'une crise cardiaque alors que j'avais 28 ans. J'étais en Suisse quand elle est morte chez elle. Je me suis précipitée, mais il était trop tard. Je n'ai pas pu être là, auprès d'elle."La vie de Jean "Il avait décidé que rien n'était tragique"De 1962 à 2017. Ils ont vécu ensemble durant cinquante-cinq ans. "Jean était la joie de vivre et la bonne humeur mêmes. Tout n'a pas été un chemin de roses durant notre mariage. Mais Jean avait décidé que rien n'était tragique. Il transformait les choses les plus graves en choses les plus légères. Il réussissait à vous faire honte de votre propre angoisse. Combien de fois l'ai-je entendu dire tout cela est ridicule, aucune importance, changeons de sujet. À chaque repas, il avait quelque chose d'amusant à me raconter. La vie avec lui était un rire continu. Nous parlions de tout, sauf de son travail d'écrivain en cours. Nous avions chacun notre caractère. Je suis déterminée et optimiste. Je ne suis pas indifférente."L'infidélité "La véritable fidélité est celle du coeur"Durant leur mariage, ils ont eu des liaisons amoureuses chacun de leur côté. "Je n'aurais pas pu vivre heureuse à ses côtés si j'avais pensé que la fidélité est le ciment du couple. La véritable fidélité est celle du coeur la complicité, la tendresse, le respect. La sexualité et les sentiments sont parfois deux choses divergentes. Durant nos cinquante-cinq années de ­mariage, l'infidélité n'a jamais été un ­problème au sein de notre couple. Il n'en parlait pas, je n'en parlais pas. Je suis devenue amie avec certaines des femmes qu'il a aimées parce qu'elles m'étaient sympathiques. Mes aventures étaient de simples distractions, quand il y avait des bas dans notre couple. La période où il a été directeur du Figaro a été la plus pénible. Jean était soudainement de mauvaise humeur. Il n'était pas fait pour être directeur. Il détestait donner des ordres et commander les autres. Il ne supportait pas les obligations et les contraintes. Il était d'ailleurs contre le mariage en tant qu'institution. Jean avait une passion pour sa fille, mais il ne s'en est jamais occupé. Je suis devenue plus libre à son contact."La vie quotidienne "Jean ne savait pas faire cuire un oeuf"Ils se sont aimés dans une alchimie souvent incompréhensible aux autres. "Jean savait que j'avais fait de sa vie un jardin à la française. Je lui ai rendu le quotidien agréable. Jean ne savait pas faire cuire un oeuf. Je me souviens d'un matin où je conduisais ma fille, Héloïse, à Levallois-­Perret. Elle passait son brevet. De son côté, Jean devait se rendre à l'Unesco à Bruxelles. Je lui ai dit 'Le plus simple est d'attraper le métro Porte-Maillot, de changer à Charles-de-Gaulle-Étoile, puis de prendre la direction de la gare du Nord. Tu en as pour moins de trente minutes.' Je suis allée conduire ­Héloïse et, à mon retour, j'ai retrouvé Jean devant la maison. Il était ivre de rage 'Tu ne m'avais pas dit que je devais changer de ticket à l'Étoile.' Jean avait raté son train et était revenu au point de départ. Nous nous disputions ­rarement, sauf quand je touchais à ses affaires. Il était désordonné alors que je suis ordonnée. Il ne fallait pas déplacer un seul de ses papiers. Avec lui, la maison était un réel foutoir."Le prix Jean d'Ormesson "La littérature a été sa grande passion"Le prix a été créé à la suite du décès de Jean d'Ormesson par la famille et les amis de l'académicien. Le jury, composé de gens qu'il aimait, sélectionne des ­romans qu'il aurait aimés. Françoise d'Ormesson en est la présidente. "François Nourissier a disparu de la mémoire collective. Je n'ai pas d'explication. Je ne pense pas que cela arrivera à Jean, mais je n'en sais rien. La littérature a été la grande passion de Jean. Il lisait essentiellement les classiques et beaucoup de poésie. Il aimait la philosophie et apprenait sans cesse des poèmes. Il lisait, relisait. Il s'intéressait peu à la littérature actuelle. Le dernier livre que je lui ai recommandé est Le Lambeau, de Philippe Lançon. Les derniers mois de sa vie, Jean avait appris par cœur un poème de Marguerite Yourcenar. Il le récitait sans arrêt."L'histoire d'amour "Jean n'a cessé de s'améliorer"Un roman magnifique. La Seule Histoire, de Julian Barnes, est en lice pour le prix Jean-d'Ormesson. L'auteur en est persuadé nous aurions un seul premier et véritable amour. Il déterminerait notre vie entière. Les autres relations ne pourraient se comprendre qu'en regard de ce premier amour. "Jean a été ma seule histoire. J'ai vu Jean changer au fil du temps. Il n'a cessé de s'améliorer, même physiquement. Sa voix est devenue plus posée et moins aiguë. Il a gagné en sérénité, même s'il n'a jamais été une nature angoissée. Je me souviens d'un dîner avec un ami psychiatre. Jean lui a demandé pouvez-vous m'expliquer ce qu'est l'angoisse? Je ne sais pas comment il était au plus profond de lui-même. Jean devait quand même connaître des moments de tourment. Je le voyais parfois déchirer, au bout d'une journée, tout ce qu'il avait écrit."La célébrité "Il était presque devenu une rock star"Jean d'Ormesson est devenu, peu à peu, une icône. "Dans les dernières années de sa vie, les médecins souhaitaient qu'il marche régulièrement. Nous allions nous promener ensemble, l'après-midi, dans le bois. Il était sans cesse arrêté pour un selfie, une signature, une interview, un conseil. Il était presque devenu une rock star. Jean était heureux de voir les nouvelles générations s'intéresser à lui. Il notait que le temps où les jeunes gens allaient vers lui pour lui dire 'ma grand-mère vous adore' était révolu. Les jeunes gens l'aimaient et le lisaient."L'indifférence "Il avait une grâce"Dans son Dictionnaire amoureux de Jean d'Ormesson Plon, Jean-Marie Rouart pointe chez l'académicien une faculté à être indifférent sans le montrer. Françoise d'Ormesson se rappelle surtout l'enchanteur. "Jean était indifférent dans le sens où il ne faisait pas d'effort avec les gens qui ne l'intéressaient pas. Il n'était pas un mondain. Il détestait sortir, il détestait la mondanité. On recevait régulièrement, mais un cercle restreint d'amis. Jean était comme un poisson dans l'eau dans tous les milieux. Il avait une grâce. Il savait mettre les gens à l'aise. Quand on était parmi une petite foule, je lui désignais une personne en lui disant elle ne t'aime pas. Au bout d'à peine cinq minutes, Jean ne pouvait s'empêcher de partir à sa conquête. Ils devenaient aussitôt les meilleurs amis du monde. Il séduisait tout le monde. Jean aimait réellement les femmes. Il avait aimé travailler avec des femmes à l'Unesco. La misogynie lui était totalement étrangère. Il ne pouvait même pas comprendre que l'on soit misogyne."La politique "Nicolas Sarkozy et Jean avaient un vrai lien amical"Françoise et Jean d'Ormesson ont toujours été liés à Nicolas Sarkozy. "Héloïse est plus à gauche que moi et moi je suis moins à droite que Jean. Nicolas et Jean avaient un vrai lien amical. Leur amitié est née de la littérature. ­Nicolas nous a invitées, Héloïse et moi, à déjeuner tout récemment. Durant le déjeuner, nous avons parlé exclusivement de littérature. Nicolas n'a parlé que de ses lectures. Les gens qui m'intéressent sont ceux qui sont les mêmes dans la vie privée et dans la vie publique. Il n'existait pas de décalage entre Jean en privé et Jean en public. En rentrant un jour de Brive en train, avec Héloïse, Jean a tenu à aller saluer le cheminot qui conduisait le train. Il aimait être aimé."L'écrivain du bonheur "La seule blessure de sa vie reste son père"Il a ­incarné en France, comme peu de romanciers, un certain bonheur de vivre. "La grande et seule blessure de sa vie reste son père. Jean est parti un temps avec l'épouse de son cousin germain. Son père est mort en pensant que son fils était un bon à rien. Le regard paternel a été déterminant dans la vie de Jean. L'Académie et Le Figaro ont aussi été là pour combler les espoirs que son père avait placés en lui. Jean n'éprouvait pas de culpabilité vis‑à-vis des autres, mais il en a éprouvé vis‑à-vis de son père. Jean n'a ­jamais cherché de figure paternelle, mais les autres ont souvent cherché une figure paternelle en lui."La vie sans Jean "Je serai aujourd'hui enchantée de disparaître"Françoise ­d'Ormesson ne cache pas, aujourd'hui, sa difficulté à vivre sans lui. "Ma fille, Héloïse, et ma petite-fille, ­Marie-Sarah, sont là. Mes amies sont présentes. J'ai essentiellement des amies femmes car je ne crois pas en l'amitié entre hommes et femmes. Il y en a toujours un qui est amoureux de l'autre. Je n'imagine pas un seul instant la vie que j'aurais pu avoir si je n'avais pas rencontré Jean. Je ne me ­demande pas ce que j'aurais fait en dehors de lui, mais je me demande ce que j'aurais fait sans lui. Il a été ma seule histoire. Depuis sa mort, la vie a cessé d'être légère. J'ai perdu, à un mois d'intervalle, ma sœur Pascaline et Jean. Depuis, je tiens, mais je tiens difficilement. Nous avons dispersé les cendres de Jean à Venise. Nous avons pris un bateau et sommes allés devant la douane de mer. Nous avons jeté un crayon et un bouquet de fleurs. J'y retourne demain. Je serais aujourd'hui totalement enchantée de disparaître. La vie sans Jean est morne. Je tente de la rendre douce pour Héloïse et ­Marie-Sarah. J'écoute des interviews de Jean. Je ne veux pas perdre sa voix. Je n'ai jamais envisagé sa mort, même lorsqu'il était malade. Mes derniers souvenirs heureux seront à jamais liés à lui. La foi est un réconfort, mais je m'interroge. Quand et comment vais-je retrouver Jean?"
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À la naissance, on monte dans le train et on rencontre nos parents. Et on croit qu’ils voyageront toujours avec nous. Pourtant, à une station, nos parents descendront du train, nous laissant seuls continuer le voyage Au fur et à mesure que le temps passe, d’autres personnes montent dans le train. Et elles seront importantes : notre fratrie, nos amis, nos "Jean d'Ormesson est un écrivain que l'on aime et il serait aventureux de réduire son public à une classe ou à une sociologie. Comme les grands auteurs,... Lire la suite 7,20 € Neuf En stock en ligne Livré chez vous à partir du 30 août "Jean d'Ormesson est un écrivain que l'on aime et il serait aventureux de réduire son public à une classe ou à une sociologie. Comme les grands auteurs, comme Le Figaro ou l'Académie, il fait partie d'un certain patrimoine français, celui de la tradition, de l'exigence, d'une élégance, pas seulement extérieure mais érigée au rang d'une esthétique ; il attire bien au-delà d'une communauté habituée à la belle langue, aux histoires heureuses, au respect d'une éthique qui interdit le déferlement des abysses de la psyché et des noirceurs de l'âme, il retient l'attention de bien des lecteurs, de bien des auditeurs pressés parce qu'il nous raconte toujours une histoire, il tient chronique à la manière des mémorialistes les plus avisés, et cette histoire, même si elle est filtrée par le prisme des lieux qui jalonnent son existence, c'est toujours aussi un peu la nôtre". Philippe Le Guillou. Date de parution 07/03/2019 Editeur Collection ISBN 978-2-07-271974-5 EAN 9782072719745 Format Poche Présentation Broché Nb. de pages 144 pages Poids Kg Dimensions 10,8 cm × 17,8 cm × 1,1 cm UN HOMMAGE NON ACADEMIQUE RENDU PAR PHILIPPE LE GUILLOU ET ILLUSTRE PAR ERIC GIRIAT. Cliquesur le TITRE de la vidéo pour découvrir Jean d'ormesson et le train de la vie. ️LIRE LA DESCRIPTION ️ Pour en savoir plus sur mon travail, je
“As far back as I can remember, I’ve always wanted to be Jean d’Ormesson.”Jean d’Ormesson m’a eu à l’usure. Du plus loin qu’il me souvienne, je l’ai toujours vu partout. Ses livres étaient dans la bibliothèque de ma mère, il passait à “Apostrophes” tous les vendredis, je le croisais chez le père d’Édouard Baer, j’ai même dîné chez lui quand sa fille vivait avec mon éditeur. Il me semble qu’il a incarné depuis 40 ans ce que doit être un écrivain français quelqu’un de brillant, aristocratique et élégant, qui dit du mal de lui-même et publie toujours le même livre. L’Académicien nous a reçu dans son hôtel particulier de Neuilly-sur-Seine, situé à deux cent mètres de l’endroit où je suis né. Je ne dis pas cela pour me vanter de mes origines sociales mais pour expliquer cette discussion en forme de retour aux sources, cette conversation mondaine qui tourne au bilan. Je considère que Jean d’Ormesson est injuste avec lui-même. C’est un faux paresseux, un faux dandy, allez savoir, peut-être même un vrai Whisky ? Porto ? Vodka ?GQ Je veux bien un whisky avec deux glaçons. C’est gentil. J’ai lu que vous avez été à Louis Le Grand, où j’étais élève en seconde, première et terminale, quelques années après vous. Est-ce que vous avez des souvenirs de mon lycée ?JdO Oui. Je dois vous dire que je n’ai jamais été à l’école. Je ne sais pas ce que c’est que l’école. Mon père était diplomate et m’a traîné derrière lui comme une valise en Allemagne, en Roumanie, au Brésil. Et jusqu’à 15 ans je n’ai pas été à l’ Vous avez eu la même enfance qu’Amélie Nothomb, dont le père est Exactement. Et à 15 ans, je suis rentré pour quelques mois à Paris et j’étais à Louis le Grand, j’avais 14 ans, j’étais en seconde. Et c’était en 1938 je Et après vous êtes allé à Henri J’y suis resté quelques mois et ceux dont je me souviens le mieux, c’est mon professeur de Français et surtout mon professeur d’Histoire. Mon professeur d’Histoire était quelqu’un de très célèbre. C’était Bidault. Et j’aimais beaucoup Bidault qui était directeur de l’Aube et était très anti-Munichois. C’était en 1938 et moi à 13 ou 14 ans, j’étais aussi très anti-Munichois. Et j’ai retrouvé Bidault beaucoup plus tard en 1944, à la libération de Paris. Mon frère était dans la Résistance et il m’a dit “à 17, 18 ans, tu pourrais faire quelque chose”. On m’a donné une mitraillette que l’on m’a retiré aussitôt vu l’usage que j’en faisais. Et on m’a donné à porter les brassards avec la croix de Lorraine. Et j’arrive à Saint-François Xavier, mon sac tombe et tous les brassards se répandent par terre. Je me suis dit que j’allais être fusillé, puis les Allemands sont passés et n’ont rien vu, les passants m’ont aidé à reprendre le sac et j’ai été porter tout ça à un chef de la Résistance inconnu, j’ai aussitôt reconnu Bidault qui se souvenait de moi. Donc Bidault a été mon Maître à Louis le Grand et j’ai préparé Normale à Henri JMG Le Clézio vient d’avoir le Prix Nobel de Littérature, personnellement, je trouve ses livres très emmerdants. Est-ce que vous ne pensez pas que c’est une punition de la légèreté, que ce soit toujours des auteurs très sérieux, très corrects politiquement, qui aient le Prix Nobel, et jamais des gens légers ?JdO D’abord, je vais vous dire, je suis très content de ce Prix Nobel parce que conformiste comme je suis, je suis très content que la France ait eu le Prix Nobel. La culture française a été attaquée en Amérique et voilà que nous avons deux Prix Nobel, c’est formidable. Un en médecine, l’autre avec Le Clézio en littérature, c’est épatant. Il succède à une lignée très brillante qui commence par Sully Prudhomme, le premier Prix Nobel, et le dernier est Claude Ensuite il y a eu Gao Xingjian, naturalisé français. Ce n’est pas non plus un joyeux Ceux de Prudhomme et de Claude Simon, ce n’est pas ma tasse de thé. Mais je suis probablement beaucoup plus consensuel que vous. J’avais lu “Le procès-verbal” avec beaucoup de plaisir. D’abord, Le Clézio est très beau…GQ Vous Non, il est mieux que Un genre de Viggo Mortensen en plus vieux et Alors je suis comme vous, je pense qu’il n’y a pas de grands écrivains sans légèreté. Je prends des exemples tout de suite naturellement, Cervantès est très très drôle, Homère, on ne va pas dire que l’Odyssée c’est pas amusant ! C’est formidablement amusant. Rabelais c’est amusant, je soutiens que Chateaubriand, c’est amusant…GQ Et Proust aussi…JdO Quant à Proust, dont les gens disent souvent qu’il est ennuyeux, je ne peux pas lire Proust sans éclater de rire ! C’est très drôle. Il y a une exception de quelqu’un que j’aime beaucoup et qui n’est pas très drôle, c’est Marguerite Yourcenar. Mais il y a beaucoup d’écrivains, eux, qui exagèrent. Je me rappelle que, je ne sais plus à propos de qui, on avait proposé pour un prix ou pour une élection à l’Académie, et je me souviens que quelqu’un avait dit, à propos de Claudel “c’est très bien, c’est très bien, mais il insiste trop sur le côté emmerdant.”GQ Alors Le Clézio c’est une littérature très très sérieuse…GQ Ma thèse c’est qu’on punit la légèreté. On la paie très cher la légèreté. Et en fait quand on vous lit, on voit que vous n’êtes pas du tout un écrivain léger, qu’en réalité c’est dans la vie que vous mettez un peu de superficialité, de frivolité, mais que vous avez fait Normale Sup rue d’Ulm, que vous êtes agrégé de philosophie, et vos livres parlent de Dieu, de la mort, de métaphysique… Vos livres sont plus sérieux que vous ne le laissez paraître !JdO Je vais me vanter un peu on disait à quelqu’un que j’admire beaucoup, et que vous admirez sûrement beaucoup aussi, qui est Toulet. On disait à Toulet “ce que vous faites est léger.” Et Toulet répondait “léger, léger, bien sur léger comme de la cendre.” C’est un écrivain qui a été très oublié et on a été quelques uns à le faire revivre. Je pourrais vous citer du Toulet…GQ … Toute l’après midi ? Mais on a pas le temps parce que vous avez un rendez-vous après. Qu’est ce que c’est d’ailleurs que ce rendez-vous qui est plus important que notre entrevue ?JdO Il n’y a pas de rendez-vous plus important que notre entrevue, mais ce sont des radios et des télés. Je suis en train de me livrer à ce que vous connaissez, qui est la Est ce qu’il faut faire de la promotion ? Certains auteurs ne la font pas du J’admire assez Le Clézio ou Modiano qui ne font rien. Les gens disent que j’adore la télévision, ce n’est pas vrai, je n’adore pas ça. Mais quand j’y suis, je ne vais pas bouder. Les gens sont d’une gentillesse Mais le danger c’est qu’ils sont tellement gentils que l’on pourrait passer sa vie à aller sur tous les plateaux expliquer qu’on est un Mais ce que je ne comprends pas chez Bernard-Henri Lévy, que j’aime bien, et chez Houellebecq, c’est qu’ils disent qu’ils sont persécutés. Ils ne sont pas persécutés, si ?GQ Non, mais très attaqués, beaucoup plus que Contrairement à Bernard-Henri Lévy, que j’aime bien, qui est charmant, je ne pense pas que la littérature soit une guerre. Je ne fais la guerre à personne et je pense que la littérature est d’abord un plaisir. Un plaisir d’un niveau très élevé, un plaisir qui demande des efforts, un plaisir différent que d’aller jouer aux courses ou d’aller dans une boîte de nuit, mais c’est un Toulet a écrit à la Villa Navarre qui était la maison de ma famille à Pau. Et il a écrit ce que j’ai aimé le plus au monde les femmes, l’alcool et les paysages ». Et je trouve ça marrant que ce soit dans cet ordre là. Vous êtes d’accord avec le premier et le dernier mais pas tellement l’alcool ?JdO Non pas l’alcool, mais vous savez, tous mes amis sont des C’est pour ça que vous me donnez un whisky pendant que vous buvez votre thé, c’est très aimable. Et pourquoi tant de sobriété finalement, vous auriez pu être un alcoolique mondain ?JdO Je suis déjà un homosexuel d’honneur. Je trouve ça Ca veut dire quoi “un homosexuel d’honneur” ?JdO J’ai trouvé ça dans Paul Veyne, j’admire beaucoup Paul Veyne et il a écrit un petit livre sur Michel Foucault. Il avait décerné à Veyne le titre d’ “homosexuel d’honneur”.GQ C’est honorifique mais on n’est pas obligé de Exactement. On n’est pas obligé de pratiquer. J’ai écrit très tard, après 30 ans. Pas parce que je ne connaissais pas la littérature, mais parce que je la connaissais un peu et que j’avais du mal à m’ajouter à nos amis à Flaubert, à Stendhal, à Proust, à Aragon. Et puis, j’ai fini par écrire sous les ricanements de nos camarades…GQ Et dans une indifférence quasi J’ai commencé parce que je voulais plaire à une fille, donc je dépose mon manuscrit chez Gallimard…GQ C’est L’Amour est un plaisir ?JdO Oui. Et puis j’attends, j’attends, une semaine, pas de réponse. J’ai appris après qu’il fallait attendre trois mois. Et je vais le déposer en face chez Julliard un samedi soir, le dimanche matin le téléphone sonne et c’est Julliard qui me dit “C’est un chef d’œuvre, c’est mieux que Sagan, on va faire un succès formidable”. Ca n’a pas été un succès formidable pour deux raisons. D’abord parce que c’était moins bien que Sagan et deuxièmement parce que j’avais contre moi une grande puissance qui était Le Figaro. On n’imprimait pas mon nom dans le Figaro parce que j’avais fait un article négatif sur Pierre Brisson, qui était, à l’époque, le directeur du La fameuse phrase “on ne peut à la fois être directeur du Figaro et avoir du talent” , qui est drôle surtout quand on l’est devenu par la suite, directeur du C’est quand même drôle. Ce qui m’amuse dans la vie, c’est ça ! Je me fiche du patron du Figaro, et quelques années après, je le deviens ! Autre exemple la famille de ma mère est ultra catholique, ultra conservatrice, et c’est dans cette famille-là que né Lepeletier de Saint Fargeau, qui est mon arrière grand-père direct par les femmes, qui était député de la noblesse à la Constituante, conventionnel, ami de Robespierre et il vote la mort du Roi. Et il est assassiné le jour de l’exécution du Roi, le 21 janvier 93 par un garde du roi indigné que quelqu’un qu’il avait vu si souvent à Versailles ait voté sa mort. Vous voyez les contradictions ?GQ Bien sur. Mais je reviens quand même sur La gloire de l’Empire. Parce qu’on vous reproche d’écrire toujours le même livre, et ce livre-là, c’est peut-être votre chef d’œuvre, un roman méconnu, à la Tolkien un peu, où vous réinventez tout un monde, un pays avec des cartes géographiques, une histoire fictive. Est-ce que finalement vous n’auriez pas eu peur d’être un écrivain d’avant garde ? Est-ce que vous n’avez pas choisi le succès pour être aimé, par facilité ?JdO Très bonne question. J’avais donc écrit ces livres chez Julliard. Et puis au bout de quatre livres qui n’avaient pas eu de succès, j’ai écrit un livre qui s’appelle Au revoir et merci, et ça voulait dire que j’ Vous pensiez honnêtement arrêter ?JdO Je le pensais. J’étais à ce moment-là à l’UNESCO où je m’occupais de travaux culturels sur le plan international, des congrès, des trucs comme ça, l’histoire, l’art, la philosophie … Et je me suis dit que ces sciences humaines feraient un formidable roman et j’ai écrit un roman de 800 pages. Julliard est mort, Grasset me demandait un livre, donc j’ai été l’apporté au neveu de Grasset qui s’appelait Bernard Privat, si vous l’avez connu. Il me dit “Tes premiers livres, c’était léger, amusant, c’était bien. Celui-là c’est terrible, très dur à lire, 800 pages, c’est difficile. On va le publier mais ne t’attends pas à un grand succès.” Furieux, je l’ai repris, je l’ai apporté chez Gallimard et il a fait 300 000 exemplaires. Et j’ai été élu à l’Académie, sur ce C’était en quelle année ?JdO En A l’âge de 47 ans. Ce qui a fait de vous le plus jeune écrivain élu à l Depuis le début du siècle, mais au 18ème il y avait beaucoup de gens qui étaient élu à 29 ans…GQ Enfin, 47 ans, c’est quand même assez rare aujourd’hui. Ca veut dire que moi qui ai 43 ans, il faudrait que je me Oui, oui, vite, vite !!!GQ êtes-vous un incompris ? Pensez-vous qu’il y a un malentendu entre votre œuvre et votre personne publique ?JdO Nous sommes tous incompris. Quand nous lisons les articles sur nous, naturellement quand ils sont mauvais nous sommes incompris et quand ils sont bons, souvent on se dit “ce n’est pas ça que je voulais dire.” Alors incompris je ne le suis sûrement pas et je ne vous conseille pas de penser que vous l’êtes. Parlons un peu de vous. Voulez-vous qu’on fasse les choses croisées ?GQ Mais avec plaisir. Parlez-moi de moi s’il vous 99 francs, c’est quand même… Malraux parlait de l’irruption du roman policier dans la littérature avec Faulkner. Vous c’est l’irruption de la publicité dans la littérature. C’est un événement sociologique et littéraire. Vous savez, il n’y a pas de succès qui n’ait pas un sens quand même. Ce qui est vrai c’est qu’on ne sait pas ce que la postérité Ca c’est une de vos grandes angoisses ?JdO Oui, c’est une angoisse. J’aimerais que dans 30 ans, les jeunes gens lisent…GQ Dans 30 ans vous vivrez toujours, d’abord !JdO Vous connaissez la réponse si belle de Woody Allen ? “Qu’est ce que vous voudriez que l’on dise de vous dans 100 ans ? Il est pas mal pour son âge.” C’est pas merveilleux ?GQ Bon vous m’obligez à lire la page 38 de Qu’ai-je donc fait ». À la page 38, vous dites “Qu’ai je donc fait ? La vie est dure, elle est cruelle. Il n’est pas exclu que la réponse soit rien ! A défaut de génie…”, autodénigrement par protection ?JdO Non, ce n’est pas de la fausse modestie. Je veux bien que l’on me dise que je suis insupportablement orgueilleux. C’est vrai que j’aurais voulu… je ne suis pas complètement paranoïaque, je sais que je ne suis pas Chateaubriand, ni Montaigne, ni Rimbaud. J’aurais beaucoup voulu être Barrès, et je ne suis pas sûr de l’être, c’est vrai, je ne suis pas sûr de l’ Alors vous voyez, vous aussi, tout comme Bernard Henri Lévy et Houellebecq, vous vous Non, je ne me plains pas du public et des médias. Ils m’ont servi. Si je me plains de quelqu’un, c’est de moi. C’est moi qui n’ai pas fait un livre suffisamment achevé, c’est moi qui n’ais pas travaillé assez, je n’ai pas suffisamment de talent, je ne suis pas sûr d’être Mauriac ou Anatole France. Ce serait merveilleux, ce serait un rêve. Vous aussi je suppose ?GQ C’est sûr que je pourrais signer “Le Culte du Moi” ! Non moi je voudrais recueillir vos conseils à un jeune gandin, à un pauvre type qui a eu du succès trop tôt et qui est angoissé autant que vous. Qu’est ce qu’il faudrait pour être à la fois léger, rigolo, s’amuser, tout en arrivant à se faire passer pour un écrivain ?JdO C’est très difficile parce qu’à notre époque, et ça n’a pas toujours été le cas, à notre époque un écrivain est malheureux. Il y a des écrivains qui n’ont pas été malheureux, La Fontaine a toujours été léger, éblouissant, brillant. Rimbaud a changé les Et Flaubert. Il faut souffrir ! Il faut rester seul !JdO Flaubert a changé les choses. Je dirais que la crise de 29 a changé les choses, le sida a changé les Et la crise de 2008 encore Oui, 2008 va changer les choses. Et c’est un grand paradoxe, le bonheur est une espèce de contrepoison au temps. Dans cette époque où il faut souffrir pour avoir du talent, c’est l’inverse, et c’est ce que j’appelle le cul de la fermière. C’est vrai que j’ai eu le beurre et l’argent du beurre, c’est-à-dire que j’ai eu une vie agréable, j’en ai profité, et en plus, je veux le cul de la fermière qui est la Vous dites “c’est foutu, toi comme moi Frédéric, tu souffriras toute ta vie, on ne te prendra jamais au sérieux parce que tu t’amuses trop”. C’est affreux ce que vous venez de me dire. Je suis fichu !JdO D’abord, mon cher Frédéric, tu as devant toi, je te tutoie, quelque chose de merveilleux devant toi, c’est vrai, tu as du temps devant toi. Et moi je n’ai plus beaucoup de temps. S’il y a une mélancolie en moi, c’est que le nombre d’années devant moi devient un peu Toi tu es né en 1925 et je suis né en 40 ans de différence, tu te rends compte…GQ Oui, mais moi je picole donc mon espérance de vie est plus On pourrait jouer Houellebecq-Lévy et Beigbeder-d’ Dans l’émission où on était sur Canal +, Denisot a conclu en disant vous devriez écrire un livre ensemble qui s’appellerait “99 ans”.JdO C’est une idée de génie. J’ai une formule que l’on utilisait beaucoup pour le mariage mais qu’on peut utiliser pour la vie, c’est il y a 40 mauvaises années à passer, après, c’est épatant. Tu vas voir, maintenant tu as devant toi tout le bonheur, ça va être délicieux, les gens vont te reconnaître de plus en plus, tu vas devenir sérieux, tu fais un entretien avec moi, c’est excellent pour toi, et excellent pour moi…GQ Surtout pour moi. Je recommence à vous vouvoyer… Je peux vous dire quelque chose ? J’ai l’impression que vous avez fait semblant d’être vieux très tôt, ce qui permet d’avoir la Et maintenant je retrouve une espèce d’adolescence. Peut-être que je retombe en enfance. C’est C’était une stratégie ou ce n’était pas calculé ?JdO Je te jure que rien n’est calculé. L’idée de raison m’est étrangère, l’idée de stratégie m’est Mais quand même, C’était très novateur. Parce qu’aujourd’hui, quand ils sont vieux, les écrivains ont envie d’être jeunes et voilà quelqu’un d’assez jeune qui très tôt s’est dit qu’il allait se faire passer pour vieux, entrer à l’Académie, porter des cravates en tricot, comme ça on serait gentil avec lui. Et à l’époque ça a très bien marché cette histoire. Même Bernard Frank a cessé de dire du mal de vous !JdO Il m’avait pris comme tête de turc, et je ne répondais jamais, et un beau jour…GQ Je veux vous faire souffrir un peu, rappelez- moi ce qu’il avait dit, la phrase la pire c’était je crois J’adore Jean d’Ormesson. Si seulement il n’écrivait pas de livres ».JdO Oui, un truc comme ça. Et alors évidemment, je ne répondais jamais, et un jour l’Observateur m’a demandé si je voulais répondre et j’ai dit oui, je vais répondre ! Et j’ai fait cet article, que vous avez peut-être lu, et qui était assez méchant et qui, je crois, l’a Aujourd’hui plus personne ne vous A mon âge !GQ Vous voyez, vous Tu verras, tu ne seras plus éreinté quand tu auras 70 ans. Essaye juste de ne pas en mourir !GQ Oui, il faut rester vivant, comme dit Houellebecq. Il y a dans ce livre Qu’ai je donc fait, un chapitre qui est intitulé une page rude à écrire », sur cette fameuse C » et c’est un basculement inédit chez vous dans la confession impudique. C’est assez inhabituel et je me disais êtes vous entrain de vous angotiser ?JdO De ?GQ De vous angotiser, de devenir Christine Angot ?JdO Non. Je vais te dire, cette histoire, dont je peux très difficilement parler…GQ Ca va, il y a C’était il y a 50 ans. Et tu le croiras si tu veux mais ça m’a terriblement marqué. D’abord parce que mon père est mort, bon, j’ai couché avec ma cousine germaine, c’est pas très grave, dans une famille…GQ C’était la femme de votre cousin ? Ça va, ce sont des choses qui arrivent !JdO Mais c’est pour ça que je raconte la famille, ce qu’était ce Un milieu très Naturellement la sexualité n’existait pas, la famille était très unie. D’ailleurs, je me suis très mal conduit, parce que non seulement je suis partie avec elle mais je suis Oh, ça va !JdO Non, c’est honteux. Et elle, elle est restée là !GQ C’est beau d’avoir encore un pincement au cœur très longtemps Et ça je l’ai évidemment beaucoup caché, je n’en parlais pas et j’ai eu besoin d’en Donc vous entrez dans cette zone qui est l’autobiographie exhibitionniste qui est la grande tendance, Catherine Millet, Christine Angot, Annie Ernaux…JdO Dieu m’en Ah mais moi j’aime beaucoup l’autobiographie. Vous n’allez pas nous faire un témoignage, une confession ?JdO Je vais te dire, on pourra peut-être dire que ce livre est une biographie non J’ai une anecdote un soir, avec Bernard-Henri Lévy, c’est authentique, nous avions bu pour fêter la sortie d’un de mes livres, je crois, L’Amour dure trois ans, et on est venu chanter l’Internationale sous vous fenêtres…JdO en chantant “Il n’est pas, de sauveurs suprêmes, Ni Dieu, ni César, ni tribun”GQ C’est authentique, on est venu ici à Neuilly avec Bernard-Henri Lévy et Jean-Paul Non. Je n’étais peut-être pas là, ou je dormais. Mais j’aurais bien chanté avec D’où vient cette tristesse gaie qui est dans vos livres. Vous dites “une fête en larmes” c’est un vers…JdO C’est Homère. C’est pas sublime ? Sûrement que j’ai un tempérament heureux, mais vous mettez le doigt dessus. L’histoire de C » a été dramatique pour moi, et avoir perdu le château de Saint-Fargeau a été une grande Vous étiez vraiment enraciné ? On a l’impression que vous aimez les voyages, la Grèce, l’Italie, et en fin de compte cet endroit là comptait tant que ça ?JdO Tu veux que je te dise quelque chose que je n’ai jamais dit ? En réalité, ça m’était assez égal. Je me rappelle que quand j’avais 15, 16 ans, je passais mes étés à Saint-Fargeau, et qu’est ce que je faisais ? J’allais me baigner dans l’étang, je faisais du vélo, et le soir j’entendais à la radio à Saint-Tropez. Et bien que je ne boive pas et que je ne danse pas beaucoup, ça me faisait formidablement envie, et moi j’étais coincé à Saint-Fargeau. L’idée d’être coincé là me tuait et je n’aurais jamais pu m’occuper de Saint-Fargeau. Mais j’ai vu la peine que ça faisait à ma mère. Ma mère était née là, sa mère était née là et morte là, son arrière grand-mère était née là et morte là, et ça continuait comme ça…GQ Et qu’est devenu Saint-Fargeau ?JdO Ce sont des étudiants qui l’ont repris. Un type qui s’appelle Guyot et qui le fait vivre en faisant visiter le château. C’est vrai que les visites ont explosé en partie grâce au…GQ Au livre puis au téléfilm, Au plaisir de Au plaisir de Dieu a été un grand succès puis ensuite il y a eu le téléfilm de Mazoyer, que j’ai adoré, qui est un type charmant. Et ça a été un succès. Il n’y avait que deux chaînes à cette Oui, je sais. Je l’ai vu quand j’étais Quand j’étais directeur au Figaro, c’est vieux, c’était il y a 30 ans, pas si vieux que ça, il n’y avait pas de téléphones portables. Il y avait deux chaînes seulement et on a fait 76% d’ Tout le monde regardait La France Cela faisait penser au Guépard, un Guépard Mon vieux, on a demandé à Burt Lancaster de faire le grand père et il a accepté. Il a demandé comme salaire 5 fois le budget initial. On a demandé à Laurence Olivier, qui a accepté, qui a demandé 3 fois le budget… En désespoir de cause on a trouvé le type qui meurt au début d’un film que j’adore qui est Les tontons flingueurs, Jacques Dumesnil. Tout le monde critiquait ce choix mais il a été Ce n’est pas sur la décadence mais sur l’arrivée de la modernité. C’est la fin d’une certaine Le grand complot de la modernité comme dit Michel Mohrt. En un sens, c’est l’inverse de 99 Une autre cause de votre éventuelle mélancolie, c’est que vous êtes un auteur métaphysique, et ça, dans tous les livres. Vous êtes quelqu’un qui finalement regrette de ne pas parvenir totalement à croire en Attends, il faut que je dise deux petites choses. D’abord, je passe pour un écrivain catholique, c’est une imposture, je ne suis pas un écrivain catholique, je suis agnostique, ce qui ne veut pas dire Vous savez que vous ne savez Et c’est très douloureux. Et la deuxième chose qu’on m’a beaucoup dite “vous avez beaucoup écrit de livres sur Dieu, finalement, est ce que vous y croyez, oui ou non ?”. J’ai écrit que je ne pouvais pas dire si j’y crois ou pas, on ne peut pas savoir. Nous sommes dans le temps comme les poissons sont dans l’eau. Les poissons ne pensent pas qu’il y a une autre possibilité que d’être dans l’eau et nous n’avons d’autre possibilité que d’être dans le temps. Or, nous sortirons du temps pour entrer dans l’éternité, ça c’est sûr. Nous serons tous dans l’éternité. Enfin nous n’y serons plus puisque nous ne serons plus. Mais quelque chose de nous aura passé dans l’éternité, ne serait ce que notre souvenir. Et toute la question est de savoir si cette éternité a un sens ou si elle n’en a Est-ce que ce n’est pas la littérature l’accès à l’éternité, d’une certaine façon. Votre Dieu, c’est la littérature. Finalement les choses sont simples. Il suffit de m’appeler et je vous explique Je vais te répondre sincèrement. Dieu sait que j’ai aimé les livres, mais la littérature ce n’est pas grand chose à côté de Dieu. La seule chose c’est qu’on ne sait pas s’il existe. Tu sais, la formule juive que j’aime tellement c’est “ce qu’il y a de plus important c’est Dieu, qu’il existe ou qu’il n’existe pas.”GQ Il y a aussi une jolie parabole avec les rabbins et le cocher dans le livre. Elle est bien, vous ne voulez pas me la raconter celle-là ?JdO Elle est merveilleuse. C’est le grand rabbin qui revient d’un enterrement, il a fait un discours magnifique et son assistant lui dit “Magnifique Rabbin”, et le rabbin lui dit “qu’est ce que je fais, rien du tout, je ne suis rien”, et son assistant se prend la tête dans les mains en criant “mais si vous n’êtes rien, alors que suis-je moi ? l’ombre de rien” et son second assistant dit à son tour “mais c’est horrible, si vous deux n’êtes rien alors moi je suis encore moins que rien, je ne suis que poussière” et le cocher tout à coup s’arrête, se retourne, les larmes coulent sur son visage, et lui dit “si le grand rabbin n’est rien, que son premier assistant est moins que rien et que son second n’est que poussière, qu’est ce que je suis moi pauvre cocher ?” et on entend la voix du rabbin assis dans la calèche qui s’écrie “mais pour qui il se prend celui-là!” C’est une histoire Rires. Mais je pense quand même que votre vrai Dieu a été la Oui, mon Dieu est la littérature. La seule chose…GQ C’est la chose en dehors des choses matérielles…JdO Dans le temps, dans le temps ! Pour la durée de ma vie, oui. Mais pour l’éternité… Ça nous fera une belle jambe dans l’éternité, d’avoir été, même, de grands Est ce que vous lisez encore vos contemporains ? J’ai lu dans ce livre que vous disiez “La littérature vivante je l’envoie se faire foutre avec beaucoup de gaieté”.JdO J’avais mis “La littérature vivante contemporaine, je lui chie dessus”. Et mon éditrice m’a dit vous ne pouvez pas mettre “je lui chie dessus” et j’ai dit “qu’elle aille se faire foutre”, voilà…GQ Dernier film vu ?JdO J’en ai vu un hier, formidable, sur TCM, de Billy Wilder, Assurance sur la mort. Avec Barbara Stanwyck et Edward G. Robinson sur un scénario de James M. Dernière chanson J’en ai entendu une tout à l’heure de quelqu’un que j’aime, que j’ai toujours bien aimé…GQ Carla Bruni ?JdO Je dois dire que je la connaissais un peu, je ne l’avais pas revue, et un jour dans une voiture, ma fille m’a fait entendre une chanson pour Raphaël et j’ai trouvé ça très Et vous trouvez qu’elle a une bonne influence sur son mari ?JdO Moi je crois. Je crois qu’elle lui a retiré un peu de beauté bling-bling, je crois qu’elle est très bonne à Oui, parce qu’il aurait pu faire beaucoup de tort à Neuilly à force. Il ne faut pas que Neuilly soit trop Neuilly doit être horrifié par Sarkozy. Il y a quelqu’un d’autre que j’aime beaucoup évidemment, c’est Julien Qui s’est fait tatouer…JdO “Marcel Duchamp” sur une épaule, “Jean d’Ormesson” sur l’autre. Et je trouve que c’est très bien, ce qu’il Le dernier restaurant où vous ayez dîné ?JdO Pendant des années, j’ai été déjeuner au restaurant avec des dames. Je crois que le meilleur restaurant de Paris, qui n’est pas donné d’ailleurs, c’est le Ah, c’est très bien. Et à déjeuner c’est très Et il y a beaucoup de bruit, mais je vais souvent là avec Michel Un bel hôtel que vous pourriez me conseiller ?JdO J’ai adoré les hôtels. J’aurais pu vivre d’hôtel en hôtel. J’aime les grands hôtels, j’aime beaucoup le Ritz, le Bristol, le Beau Rivage à Lausanne, qui était si cher à Nabokov. Les Trois Rois à Bâle. Précipite toi ! Va voir la Fondation Beyeler et va aux Trois Rois. Sinon il y a des tas de palaces à Ravello, en Italie. Le Caruso Belvedere à Ravello. Ça ce sont des grands hôtels mais il y a de petits hôtels qui sont charmants. J’hésite…GQ Attention, il ne faut pas trop donner les bons plans où l’on veut être tranquille. Donnez en juste un ! Allez…JdO A Symi, il y a de tout petits hôtels merveilleux. Une île grecque, proche de la côte turque. La plus méridionale des îles grecques s’appelle Kastellorizo. Il y avait 20 000 habitants et 18 000 sont partis pour l’Australie parce qu’ils n’avaient pas de travail. Il reste donc 2000 habitants et il y a un petit hôtel qui correspond à 2000 habitants et qui est quelque chose…GQ Mais il faut prendre deux avions, trois bateaux…JdO Il faut faire Paris-Athènes, Athène-Rhodes, Rhodes- Kastellorizo, ça prend trois jours !GQ Vous vous habillez où ?JdO De temps en temps je m’habille en jean, et de temps en temps, je fais une folie, je prends… Ce qu’il y a de mieux !GQ C’est quoi ? Charvet ? Hilditch ?JdO Oui, Charvet, Hilditch. Il faut un costume de Ah voilà. En même temps, il ne faut pas trop le dire, il faut que ça reste secret. Votre parfum ?JdO …..GQ Voyons Jean, vous êtes un sex-symbol, les filles rêvent de vous. Il me faut le parfum Jean d’ J’avais une eau de toilette qui était L’Eau de Lanvin. Et L’Eau de Lanvin a disparu et Bernard Lanvin continuait pour moi la production. Pour moi et pour quelques autres, il a continué pendant 10 Vous dites que la seule chose que vous retiendrez de toute votre vie c’est un escalier blanc et bleu dans les Pouilles. Je relis la fin de votre dernier livre “J’ai aimé l’eau, la lumière, le soleil, les matins d’été, les ports, la douceur du soir dans les collines, et une foule de détails sans le moindre intérêt, comme cet Olivier très rond dont je me souviens encore dans la baie de Fethiye.. ” C’est où ?JdO Fethiye, c’est sur la côte Turque entre Antalya et Bodrum. Il y a une baie sublime avec un olivier D’accord. Bodrum c’est le Saint-Tropez Non, c’est sauvage comme Plus Antalya, oui, mais pas cette baie-là. Et l’escalier blanc et bleu existe dans le Pouilles. Je ne me souviens plus si c’est à Ostuni ou à Villa FrancaGQ Donc je me suis trompé. Moi, je pensais à Tricase Porto. C’est un petit village au bord de la A côté. Vous connaissez les Pouilles ?Le téléphone sonne. Il prend C’est une charmante personneGQ Mais je veux en savoir plus. Mais ça ne s’arrête donc jamais ?JdO Si ça s’ Il y a quand même un moment où l’on se calme ?JdO Il reste des amies qui ont On suscite la pitié ?JdO Regarde l’état dans lequel est François C’est vrai ? J’ai lu ses livres sur Il ne quitte plus l’hôpital Il ne peut plus rentrer chez lui. Parles avec eux et tu te dis que tout va bien. Et puis tout d’un coup tout C’est Alzheimer ?JdO Quand ce n’est pas Alzheimer, c’est une maladie du langage où les mots viennent les uns à la place des C’est fou pour un écrivain, de ne plus connaître les C’est Il faut avoir de la chance en fait, la chance de passer au À travers la haine, à travers la maladie, à travers les Et d’essayer de n’en déclencher aucune. Est-ce que ce n’est pas quand on a eu de la chance au départ qu’on est finalement un peu abrité ?JdO J’ai eu évidemment une enfance protégée… On ne peut pas faire l’économie de la révolte. Et tu vois bien que moi, n’ayant pas été fasciste, n’ayant pas été trotskiste, je me suis dit qu’il fallait se rebeller d’une façon ou d’une autre et je suis parti avec ma cousine ! C’était pour marquer mon indépendance. On ne peut pas faire l’économie de la révolte…GQ C’est ça en fait ! C’est un élément central de votre vie dont vous ne parlez que Je l’ai caché, caché, caché…GQ Ta révolte c’était de foutre une espèce d’énorme bordel dans la J’ai foutu le bordel dans la famille. Tout le monde était en larmes. On a dit aux enfants que j’étais mort. Parce qu’on n’allait pas leur expliquer ça… Et 20 ans après, il y a 20 ans, je vois des neveux qui me disent “Oncle Jean, vous vivez !”GQ Mais ils n’avaient pas vu la télé ou quoi ?JdO Mais ils étaient tout petits, ils avaient 5 ou 6 ans et quand ils ont eu 18 ans ils ont compris que je C’est fou cette histoire. Parce que vu de l’extérieur, ça ne semble pas si grave. Ce sont des histoires très romanesques. D’autres partent avec la sœur de leur Ca c’est un peu plus L’amour est plus fort que tout. Et si cette histoire avec “C” n’a pas marché, je pense qu’il ne fallait pas hésiter une seconde. D’ailleurs on ne les prend pas, c’est comme ça ! On crève dernière question, c’était la fameuse question d’Arthur Cravan à Gide Monsieur d’Ormesson, où en sommes nous avec le temps ?JdO Evidemment, c’est Et vous connaissez la réponse de Gide ? Il donne l’ Il donne l’heure !GQ “il est six heures moins le quart”. Il paraît que c’est inventé par Si c’est inventé, c’est très brillant aussi.
Letrain de la vie – Jean d’Ormesson À la naissance, on monte dans le train et on rencontre nos parents. Et on croit qu’ils voyageront toujours avec nous. Pourtant, à une station, nos parents descendront du train, nous laissant seuls continuer le voyage Au fur et à mesure que le temps passe, d’autres personnes montent dans le train. Et elles seront

“Il y a des jours, des mois, des années interminables où il ne se passe presque rien. Il y a des minutes et des secondes qui contiennent tout un monde.” Citation Jean d’Ormesson“Chacun est prisonnier de sa famille, de son milieu, de son métier, de son temps.” Citation Jean d’Ormesson“La naissance est le lieu de l’inégalité. L’égalité prend sa revanche avec l’approche de la mort.” Citation Jean d’Ormesson“N’existent que les êtres dans l’espace et le temps. Dieu n’existe pas puisqu’il est éternel.” Citation Jean d’Ormesson“Rien n’est plus proche de l’absolu qu’un amour en train de naître.” Citation Jean d’Ormesson“De part et d’autre de votre présent si fragile, le passé et l’avenir sont des monstres assoiffés de temps.” Citation Jean d’Ormesson“Un livre qui passe à la télévision est un livre menacé, parce que la télévision transforme le livre en spectacle.” Citation Jean d’Ormesson“Je trouve que si Dieu n’existe pas, la vie est une farce tellement tragique qu’il faut espérer à tout prix qu’Il existe.” Citation Jean d’OrmessonJean d’Ormesson – citations“Tout le problème est de s’élever, de se distinguer, sans se séparer des autres hommes.” Citation Jean d’Ormesson“Si nous sommes livrés à nos propres forces, il y a toutes les raisons d’être pessimiste. Mais si on croit à des forces supérieures à l’homme, alors on peut être optimiste.” Citation Jean d’Ormesson9 citations, maximes ou pensées au hasardLes dernières citations publiées

En1972, Jean Ferrat rompt avec la maison de disques Barclay et se fait plus rare. Il est fatigué par 10 années de scène [42].. En 1974, Christine Sèvres et lui décident d'aller vivre en Ardèche, près de Vals-les-Bains, à Antraigues-sur-Volane [N 21], dont il connaît le maire communiste, le peintre Jean Saussac [N 22].Il y a acheté, en 1964, une ferme, perdue au
Citation de Jean D Ormesson Trouvez la citation idéale de Jean D Ormesson parmi 107 citations, proverbe, phrase, dicton, interview ou bon mot. Page 1 sur un total de 6 pages. <12345Liste de citations - Jean D Ormesson - Toutes ses citationsLa politique est la forme moderne de la tragédie. Elle remplace sur notre théâtre la fatalité antique. L'avenir n'est à personne. J'essaie de le soumettre à ma volonté. La conversation - Jean d'Ormesson A chaque instant de notre vie, nous sommes en train de mourir. C ? est une chose etrange a la fin que le monde - Jean d'Ormesson J'aimais beaucoup ne rien faire. Dans cette activité suprême, j'étais presque excellent. Je ne m'ennuyais jamais. Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit - Jean d'Ormesson Nous avons roulé de progrès en progrès. Ils ont toujours tout changé de notre façon de sentir, de penser et de vivre. Ils n'ont jamais rien changé à notre humaine condition C ? est une chose etrange a la fin que le monde - Jean d'Ormesson Nous sommes des rats dératés qui courent dans tous les sens, des grelots déchaînés et sonores, des pantins ivres d'eux-mêmes, des nains aux rêves de géants. C ? est une chose etrange a la fin que le monde - Jean d'Ormesson J'ai fait des choses immenses et toutes petites . .. J'ai trop aimé, d'un côté, les batailles, les conquêtes, le pouvoir, de l'autre, la gaieté, la légèreté, l'ironie. J'ai eu un faible pour les livres. Et moi, je vis toujours - Jean d'Ormesson Ce qui était bien, c'était la vie. Pas la mienne, bien sûr. La vie tout court. J'ai beaucoup aimé ce bref passage dans notre monde. C'était bien - Jean d'Ormesson À l'enterrement de Malraux, on avait mis un chat près du cercueil, à celui de Defferre c'était un chapeau, moi je voudrais un crayon, un crayon à papier, les mêmes que dans notre enfance. Ni épée, ni Légion d'honneur, un simple crayon à papier. Livre d'entretien - Jean d'Ormesson De temps en temps, le soir, je sens quelque chose qui éclate en moi et qui m’inonde de bonheur. Et je le dis. J’aime ce monde où je vis, ce qu’il me procure et ce qu’il m’impose le soleil sur la neige, le bureau le lundi, la révolution demain, les wagons-lits, les femmes du monde, le courage et le désespoir, les questions sans réponse, la guerre et la paix, l’attente, les triomphes, l’insuccès, l’amour, presque rien. Quel bonheur d’être au monde ! et que tout nous soit donné !. Du côté de chez Jean - Jean d'Ormesson Rien n'est plus proche de l'absolu qu'un amour en train de naître. Le stupéfiant, le merveilleux, c'est que cet absolu naît du hasard. Dieu, sa vie, son oeuvre - Jean d'Ormesson Une beauté pour toujours. Tout passe. Tout finit. Tout disparaît. Et moi qui m'imaginais devoir vivre pour toujours, qu'est-ce que je deviens ? Il n'est pas impossible. .. Mais que je sois passé sur et dans ce monde où vous avez vécu est une vérité et une beauté pour toujours et la mort elle-même ne peut rien contre moi. Un hosanna sans fin. - Jean d'Ormesson Jamais le monde n'a été aussi bas, ronchonnait mon grand-père. Aussi veule, aussi médiocre. Il ne croit plus à rien si ce n'est à l'argent. Pour le soulever si peu que ce soit au dessus de lui-même, il faut descendre jusqu'au jeux de ballon qu sont la pâle réplique des jeux du cirque d'autrefois. Casimir mène la grande vie, Jean D'Ormesson, éd. Gallimard, 1997, p. 135 - Jean d'Ormesson Toute mort est un mystère parce que toute vie est un mystère. Voyez comme on danse - Jean d'Ormesson Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c'est la présence des absents, dans la mémoire des vivants. Dans son discours de réception à l'Académie française, le 6 juin 1974. - Jean d'Ormesson Est-ce que vous croyez que l'Académie française assure l'immortalité ? Je ne pense à rien d'autre qu'au plaisir d'écrire et si possible à survivre pendant 20 ans, 30 ans. Ce n'est pas l'Académie qui assure l'immortalité. Ce qui assure l'immortalité, ce sont les livres. Entretien en 1977 - Jean d'Ormesson Je crois que c'est quelque chose d'exquis de se dire qu'on a à écrire une lettre à des amis ou qu'on a un travail à faire et de ne pas le faire en disant qu'on préfère volontairement laisser les choses se faire toutes seules ou bien peut-être par les autres. Au journal télévisé en 1971 - Jean d'Ormesson La paresse, c'est merveilleux parce qu'on abandonne les choses, on abandonne le monde mais en s'en rendant compte. Au journal télévisé en 1971 - Jean d'Ormesson Il est assez exact que j’ai peu conduit ma vie. J’ai horreur des vies programmées. Que la mienne ne l’a pas été, c’est peu dire. Entretien de 1989 - Jean d'Ormesson Mourir n'est pas gai, mais ce serait bien pire de ne pas mourir. La vie est belle parce que nous mourrons. Ce serait atroce que nous ne mourrions pas. Entretien de Jean d'Ormesson intime à Laurent Delahousse, dans le cadre de l'émission "13h15 le dimanche" sur France 2 en novembre 2013 - Jean d'Ormesson Il n'y a rien de plus intéressant que la vie, et la mort fait partie de la vie. La mort, c'est la vie. Vous savez pourquoi nous mourrons ? C'est parce que nous vivons. Et nous avons de la chance de mourir !. Entretien de Jean d'Ormesson intime à Laurent Delahousse, dans le cadre de l'émission "13h15 le dimanche" sur France 2 en novembre 2013 - Jean d'Ormesson Page 1 sur un total de 6 pages. <12345 - Albert Jacquard - Vladimir Jankélévitch - Jean Jaurès - Jean-Paul II - Carl Gustav JungLes naissances et les décès de personnages célèbresIls sont nés ce jour Jean D Ormesson - Découvrez notre sélection des meilleures citations et proverbes de Jean D Ormesson Alain Abbé Pierre Alphonse Allais Woody Allen Apollinaire Aragon Aristote Audiard Balzac Baudelaire Beigbeder Bible Christian Bobin Bouddha Brel Camus César Coco Chanel Paulo Coelho Céline Chruchill Coluche Confucius Coran Pierre Dac Dalaï-Lama Frédéric Dard Desproges Dictons Einstein Freud Mohandas Karamchand Gandhi Khalil Gibran Che Guevara Sacha Guitry Victor Hugo Martin Luther King Lao-Tseu Napoléon Ier Friedrich Wilhelm Nietzsche Platon Prévert Saint-Exupéry Sénèque Shakespeare Socrate Boris Vian Voltaire Oscar Wilde Jean Yanne
Letrain de la vie À la naissance, on monte dans le train et on rencontre nos parents. Et on croit qu’ils voyageront toujours avec nous. Pourtant, à une station, nos De La douane de mer à Mon dernier rêve sera pour vous, une biographie sentimentale » de Chateaubriand, en passant par Un jour je m’en irai sans avoir tout dit, sa voix n’a jamais cessé de résonner. En une quarantaine de livres, il n’a jamais cessé de dire son étonnement d’exister, de deviser devant les beautés et les mystères du monde. Comme il l’avait prédit, Jean le Bienheureux » n’avait pas tout dit. On le constate avec Sophie des Déserts, longtemps journaliste au Nouvel Observateur avant de travailler à l’édition française du Vanity Fair, à qui il a ouvert ses portes pendant trois ans avant de disparaître. Elle signe, avec Le dernier roi soleil, un portrait intime » à la fois sans complaisance et bienveillant consacré à l’auteur de l’Histoire du Juif errant. Jean Bruno Wladimir François de Paule Lefèvre d’Ormesson naît le 16 juin 1925 à Paris dans le 7e arrondissement. Fils et neveu d’ambassadeurs devenu normalien et agrégé de philosophie, mouton noir d’une famille de l’aristocratie française, il a choisi la littérature plutôt que la diplomatie ou les affaires, avant d’épouser à 37 ans l’une des trois filles du richissime industriel et homme d’affaires Ferdinand Béghin. En 1971, après cinq romans passés un peu inaperçus, il connaît son premier succès avec La gloire de l’Empire, couronné par le Grand Prix du roman de l’Académie française. Sa verve et sa grande culture en font une formidable bête cathodique — il sera invité à la télévision par Bernard Pivot 26 fois en 28 ans. Il était ce que l’on appelle, dans le monde de l’édition française, un bon client ». Entré à l’Académie française en 1973, à 48 ans, dans le fauteuil de Jules Romains, mort l’année précédente, il est parachuté directeur du quotidien de droite Le Figaro, qu’il va diriger de peine et de misère pendant trois ans à partir de 1974 — malgré une expérience en journalisme presque inexistante. Malléable gaulliste européen », il a pu être proche de François Mitterrand, soutenir sans réserve Nicolas Sarkozy, jouer du coude pour faire entrer la première femme à l’Académie française, Marguerite Yourcenar, prêcher à la fois pour François Fillon et faire l’éloge d’Emmanuel Macron. Un parfum d’Ancien Régime Mêlé à l’amidon de ses chemises, un parfum d’Ancien Régime flottait autour du personnage. De retour d’un court séjour au Rwanda en 1994, il écrira dans Le Figaro S’il faut tirer une leçon du Rwanda, c’est que les hommes sont tous coupables et qu’ils sont tous innocents. » Personnage complexe et séduisant, hédoniste un peu myope, Jean d’Ormesson était habile à louvoyer, capable de ne rien dire sans en avoir l’air. Comme une sorte de grand courtisan, l’homme semblait ne se sacrifier qu’à un seul principe briller, tirer des ficelles et jouir de tout ce que la vie pouvait lui offrir. Vivre est une occupation de tous les instants. Une expérience du plus vif intérêt. Une aventure unique. Le plus réussi des romans. — Jean d’Ormesson Entre sa maison de Neuilly, riche ville en banlieue de Paris, les déjeuners en ville, les jeux de coulisses, son poste à l’UNESCO, les parades de séduction, le ski dans les Alpes, les bains de soleil et les étés en Corse, les virées avec son ami Gianni Agnelli — le grand patron de Fiat —, son besoin de séduction compulsive semble avoir été plus fort que tout L’amour a été la grande affaire de mon existence », avoue-t-il à Sophie des Déserts, avant d’ajouter Peut-être même la seule. » Bien qu’il fut réputé volage et papillonnant, il n’a jamais vraiment déserté le domicile conjugal, raconte sa biographe. Sa relation avec Malcy Ozannat, devenue son éditrice attitrée depuis leur rencontre en 1974, était un secret de Polichinelle. Se raconter sans rien dire Que l’on apprécie ou non l’écrivain, l’un des rares auteurs à être entrés de leur vivant dans la prestigieuse Bibliothèque de la Pléiade chez Gallimard avec Gide, Malraux, Sarraute et Kundera, entre autres, Le dernier roi soleil, en plus d’être remarquablement bien écrit, est aussi un fascinant portrait de classe et d’époque. Pour la plupart, ses derniers livres n’étaient souvent qu’une enfilade de lieux communs, d’interrogations existentielles aussi légères que consensuelles. Personnage onctueux à l’égoïsme solaire », il maîtrisait comme personne l’art presque perdu de la conversation, brillant pour se raconter sans rien dire » ; depuis longtemps, son œuvre donnait l’impression d’être le prolongement de sa propre respiration. Un hosanna sans fin n’y fait pas exception. Sorte de livre-testament », c’est un petit ouvrage auquel il travaillait encore avant d’être foudroyé d’une crise cardiaque et de mourir entre les bras de son fidèle majordome Olivier en décembre 2017, à l’âge de 92 ans. Vivre est une occupation de tous les instants, écrit-il. Une expérience du plus vif intérêt. Une aventure unique. Le plus réussi des romans. » Plus loin Comme c’est curieux ! Les croyants se font tuer pour ce qu’ils croient plus volontiers que les savants pour ce qu’ils savent. » J’écris comme je pisse », avoue Jean d’Ormesson à Sophie des Déserts au cours de l’une de leurs conversations. Faux modeste ou vrai lucide ? On ne le saura jamais vraiment, l’écrivain a emporté avec lui son secret. À voir en vidéo Letrain de la vie. Auteur de l’article Par Raphaël Devillers; Date de l’article 18 août 2020; Imprimer. par JEAN D’ORMESSON « À la naissance, on monte dans le train et on rencontre nos parents. Et on croit qu’ils voyageront toujours avec nous. Pourtant, à une station, nos parents descendront du train, nous laissant seuls continuer le voyage Au fur À la naissance, on monte dans le train et on rencontre nos parents. Et on croit qu’ils voyageront toujours avec à une station, nos parents descendront du train, nous laissant seuls continuer le voyage… Au fur et à mesure que le temps passe, d’autres personnes montent dans le train. Et elles seront importantes notre fratrie, nos amis, nos enfants, même l’amour de notre vie. Beaucoup démissionneront même éventuellement l’amour de notre vie, et laisseront un vide plus ou moins grand. D’autres seront si discrets qu’on ne réalisera pas qu’ils ont quitté leurs sièges. Ce voyage en train sera plein de joies, de peines, d’attentes, de bonjours, d’aurevoirs et d’adieux. Le succès est d’avoir de bonnes relations avec tous les passagers pourvu qu’on donne le meilleur de nous-mêmes. On ne sait pas à quelle station nous descendrons, donc vivons heureux, aimons et pardonnons. Il est important de le faire car lorsque nous descendrons du train, nous ne devrons laisser que de beaux souvenirs à ceux qui continueront leur voyage. Soyons heureux avec ce que nous avons et remercions le ciel de ce voyage fantastique. Aussi, merci d’être un des passagers de mon train. Et si je dois descendre à la prochaine station, je suis content d’avoir fait un bout de chemin avec vous. Traductionde « Le train de ma vie » par Jean d'Ormesson, français → roumain Deutsch English Español Français Hungarian Italiano Nederlands Polski Português (Brasil) Română Svenska Türkçe Ελληνικά Български Русский Српски العربية فارسی 日本語 한국어 Jean d'Ormesson, surnommé Jean d'O », de son nom complet Jean Bruno Wladimir François-de-Paule Le Fèvre d’Ormesson, né le 16 juin 1925 à Paris VIIe arrondissement et mort dans la nuit du 4 au 5 décembre 2017 à Neuilly-sur-Seine, est un romancier et chroniqueur français. RomansModifier C'est une chose étrange à la fin que le mondeModifier Nous venons tous de la même source. Nous sortons tous de la même matrice. Nous sommes tous des Africains modifiés par le temps. C'est une chose étrange à la fin que le monde, Jean d'Ormesson, éd. Robert Laffont, 2010, p. 30 Citation choisie pour le 28 octobre 2011. La seule différence qui compte est imposée par le sexe il y a des hommes et il y a des femmes, et il faut un homme et une femme pour qu'il y ait un enfant. Pendant des milliers de millénaires, et jusqu'à nous en tout cas, les deux sexes s'unissent pour que l'histoire continue. C'est une chose étrange à la fin que le monde, Jean d'Ormesson, éd. Robert Laffont, 2010 ISBN 978-2-221-11702-6, p. 30 Ce n'est pourtant pas compliqué le temps passe et je dure, l'histoire se déroule et l'être est. Derrière les tribulations du monde, il y a quelque chose qui lui permet de changer sans cesse et de rester le même à travers les changements c'est moi. L'herbe pousse, les enfants meurent. Derrière le monde qui se fait et s'écroule, qui ne se fait que pour s'écrouler, qui s'écroule et se refait, il y a cet être immobile, éternel, infini, hors de l'espace et du temps, qui hante l'esprit des hommes plongés dans l'espace et dans le temps et guettés par une mort dont il leur est interdit, à eux qui comprennent tout, qui changent tout, qui se croient la fin de tout, de jamais rien savoir. C'est une chose étrange à la fin que le monde, Jean d'Ormesson, éd. Robert Laffont, 2010 ISBN 978-2-221-11702-6, p. 63 Dieu est hors du temps. mais il est aussi dans le temps, parce que les hommes qui le pensent, qui l'adorent, qui le combattent sont emportés dans le temps. Dieu est éternel, et il a pourtant une histoire — qui est l'histoire des hommes. Dans cette histoire de Dieu et des hommes, il y a, entre le milieu du XIXe siècle et le début du XXIe, un peu plus de cent cinquante ans qui sont rudes pour un Dieu dénoncé et traqué par les hommes. C'est une chose étrange à la fin que le monde, Jean d'Ormesson, éd. Robert Laffont, 2010 ISBN 978-2-221-11702-6, p. 101 La science d'aujourd'hui détruit l'ignorance d'hier et elle fera figure d'ignorance au regard de la science de demain. Dans le cœur des hommes il y a un élan vers autre chose qu'un savoir qui ne suffira jamais à expliquer un monde dont la clé secrète est ailleurs. C'est une chose étrange à la fin que le monde, Jean d'Ormesson, éd. Robert Laffont, 2010 ISBN 978-2-221-11702-6, p. 113 J'espère que les hommes ne souffriront pas toujours. Ou qu'ils souffriront un peu moins. J'espère qu'il y aura enfin un peu de bonheur pour ceux qui n'en ont jamais eu. J'espère — est-ce assez bête ! — que la justice et la vérité, si souvent contrariées, sont, ici-bas d'abord, et peut-être même ailleurs, autre chose que des cymbales et des illusions. Il faut toujours penser comme si Dieu existait et toujours agir comme s'il n'existait pas. Il y a, chez les hommes, et seulement chez les hommes, un élan vers la beauté et vers la vérité et une soif d'espérance. Tout est bien. C'est une chose étrange à la fin que le monde, Jean d'Ormesson, éd. Robert Laffont, 2010 ISBN 978-2-221-11702-6, p. 291, 292 Toute la littérature occidentale sort de l’Iliade et de l’Odyssée où sont déjà présents les thèmes de la guerre, des voyages, de l’amour, de l’amitié, des passions. C'est une chose étrange à la fin que le monde, Jean d'Ormesson, éd. Éditions Robert Laffont, 2010, p. 18 C'était bienModifier L'art n'a que les ressources de la vie de chacun il change ce plomb en or. Rien n'est plus difficile pour chacun d'entre nous que de situer ce qu'il a fait et de se situer soi-même à sa juste mesure. C'était bien, Jean d'Ormesson, éd. Éditions Gallimard, 2003, p. 35 Peut-être Bach et Mozart composaient-ils des cantates et des airs d'opéra pour exprimer leur joie. Peut-être les peintres peignent-ils parce que le monde est beau. Je crois que les écrivains écrivent parce qu'ils éprouvent du chagrin. Je crois qu'il y a des livres parce qu'il y a du mal dans le monde et dans le cœur des hommes. Personne n'écrirait s'il n'y avait pas d'histoire. Et le moteur de l'histoire, c'est le mal. C'était bien 2003, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2005 ISBN 2-07-031653-X, p. 70 Subsiste encore un doute. Si clair, si évident, le progrès de la science ne suscite-t-il pas plus de questions qu'il ne fournit de réponse ? La réalité — qui n'est peut-être qu'un songe appelé réalité — est si prodigieusement inépuisable qu'elle n'en finit jamais de déborder toutes les tentatives d'exploration et de renvoyer sans fin à autre chose. On marche toujours, on n'arrive jamais. La science est un grimpeur qui, au faîte de chaque pic, découvre toujours d'autres sommets qui lui dérobent l'horizon. Une malédiction frappe la science qui court de succès en succès tous ses triomphes, et ils sont réels, sont des victoires à la Pyrrhus. C'était bien 2003, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2005 ISBN 2-07-031653-X, p. 85 La science qui nous empêche de souffrir nous invente d'autres souffrances. La science qui guérit et fait vivre est aussi la science qui tue. La science qui nous donne le pouvoir sur le monde est aussi la science qui nous retire tout pouvoir et qui risque, un jour, de nous retirer le monde. C'était bien 2003, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2005 ISBN 2-07-031653-X, p. 90 Dans ce coin-ci au moins de la planète, dominé par la science et la télévision, enfants de Voltaire, de Flaubert, d'Oscar Wilde, d'André Gide, de Queneau, si différents les uns des autres mais liés par un sens aigu de ce qui pouvait encore être écrit sans trop de ridicule, nous sommes entrés dans une culture de la distance et de la dérision. D'un côté, la science, il n'y a pas de quoi se tordre, qui nous fabrique notre avenir ; de l'autre, sous des rafales d'images, une lassitude et un dégoût mêlés de cris de douleur et de rires un peu fêlés je crois que tout le monde les entend. Quelque chose à craqué. Nous ne sommes pas encore dans un monde différent. Mais, sans presque le savoir, nous ne sommes déjà plus les mêmes. Pas encore ailleurs. Mais déjà plus ici. C'était bien 2003, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2005 ISBN 2-07-031653-X, p. 98 Himmelhoch jauchzend, zum Tode betrübt ». J'étais gai, j'étais triste. J'étais fou de bonheur. Et accablé de chagrin. La vie m'a toujours paru délicieuse — et le monde, plein de larmes. Il y a du mal sous le soleil et je doute que l'histoire en vienne jamais à bout. Je ne crois pas que demain sera débarrassé du mal qui affligeait hier. Rêver d'un monde parfait qui brillerait devant nous est d'une naïveté meurtrière beaucoup ont souffert et sont morts sous le prétexte, séduisant et criminel comme Lucifer lui-même, de changer le monde en paradis et de rendre aux hommes leur innocence. C'était bien 2003, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2005 ISBN 2-07-031653-X, p. 134 À mesure que la science tranche les faces de Gorgogne, de nouvelles têtes poussent à l'hydre pour poursuivre le travail et répandre la terreur. Aucun d'entre nous n'est à l'abri du mal qui frappe à coups redoublés. Ce mal — dont le christianisme nous parle avec génie sous les espèces du péché originel et, d'une certaine façon, de l'Incarnation, sacrifice inversé et suprême, offert non plus par les hommes à Dieu mais par Dieu aux hommes pour racheter le mal de l'histoire — ne peut ni s'effacer ni triompher. C'était bien 2003, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2005 ISBN 2-07-031653-X, p. 138 Un jour, je m'en irai sans en avoir tout ditModifier L'histoire devient une espèce de kaléidoscope en délire, où ne cessent de se succéder, et de plus en plus vite, des images éblouissantes et dépourvues de sens. Les frontières éclatent, les distinctions s'effacent. Chacun est lié aux autres par les ondes et la toile. La campagne disparaît peu à peu. les villes s'étendent et se rejoignent. Surgelées et contagieuses, les modes et les passions se transmettent à la vitesse de la lumière. les supermarchés, les désirs, les idées se ressemblent. Les langues déclinent et meurent. l'orthographe se délite. Un sabir se répand. Les sexes se confondent. les couleurs s'affadissent et perdent de leur éclat. Pour le meilleur et pour le pire, l’universel et l'unité sont au bout du chemin. l'entropie se déchaîne. les hommes commencent à deviner que leur destin est de disparaître dans l'avenir comme ils ont apparu dans le passé. Et ils se demandent ce qu'ils font là. Un jour, je m'en irai sans en avoir tout dit, Jean d'Ormesson, éd. Éditions Robert Laffont, 2013, p. 98 La joie. Loin de nous enfoncer dans le monde à la façon du plaisir et du bonheur, elle nous en détacherait plutôt. Elle est religieuse et rebelle. Elle est métaphysique, elle éclate comme un tonnerre. Elle détruit tout sur son chemin. Elle se consume elle-même, elle s'oublie, elle se nie. Il y a quelque chose dans la joie qui ressemble à l'adoration. Elle nous élève au dessus de nous. Elle nous transporte ailleurs. Elle nous ouvre les portes d'un univers inconnu et plus beau que le notre, elle jaillit de notre monde et elle nous en montre un autre où règne la beauté. Un jour, je m'en irai sans en avoir tout dit, Jean d'Ormesson, éd. Éditions Robert Laffont, 2013, p. 153 Qu’ai-je donc faitModifier La médiocrité est portée aux nues. Les navets sont célébrés comme des chefs-d'œuvre. Ce qui sera oublié dans trois ans est l'objet d'un tintamarre qui finit par rendre insignifiant pêle-mêle le meilleur et le pire. Les œuvres dignes de ce nom ne manquent pas autour de nous. Elles sont emportées dans les flots de la nullité acclamée. Je n'écris, pour ma part, ni un roman ni des Mémoires. J'essaie de comprendre le peu que j'ai fait et comment tout cela s'est emmanché. Je n'écris pas pour passer le temps ni pour donner des leçons. Je n'écris pas pour faire le malin ni pour ouvrir, comme ils disent, des voies nouvelles à la littérature. Pouah ! Je n'écris pas pour faire joli ni pour défendre quoi que ce soit. J'écris pour y voir un peu plus clair et pour ne pas mourir de honte sous les sables de l'oubli. La littérature vivante d'aujourd'hui, qui m'a si souvent emmerdé avec son sérieux implacable et son pédantisme expérimental et toujours avorté, je lui rends bien volontiers la monnaie de sa pièce et je l'envoie se faire foutre avec beaucoup de gaieté. Je ne sais pas si je serai encore vivant demain, mais je suis sûr que la littérature vivante d'aujourd'hui, qui, avec son intolérance de donneuse de leçons et ses fanfaronnades de mauvais sentiments, est l'exact pendant, inversé et beaucoup plus prétentieux, de la crétinerie des pompiers de la peinture et de la littérature de la fin du XIXe siècle, sera morte avant moi — si elle n'est pas déjà morte. Ne lis pas n'importe quoi. Lis plutôt les grands livres dont tout le monde parle sans les lire. Les espérances sont comme les femmes les plus belles ne sont pas plus pas inaccessibles que les autres. Mieux vaut viser Rimbaud ou La Bruyère et rester loin derrière que viser Bordeaux ou Feuillet ou Sartre ou Eugène Sue et risquer de les atteindre. Le vent du soirModifier Nietzsche, Wagner, Karl Marx, Rimbaud, Dostoïevski, se révoltent contre les menaces obscures qu'ils devinent dans l'avenir. L'exploitation des plus faibles se combine insidieusement avec un moralisme de facade. L'hypocrisie triomphe. Le conformisme des esprits avance à pas de géant. L'aventure, le charme, l'indépendance morale livrent des combats d'arrière-garde. Une espèce de grisaille s'étend sur l'univers. Le vent du soir, Jean d'Ormesson, éd. Jean CLaude Lattès, 1985, p. 114 Toutes les scènes du passé qui s'animaient pour moi sur la terrasse de San Miniato, je ne leur accordais pas une importance démesurée. Je ne crois pas que le passé suffise pour comprendre l'avenir. Je vais jusqu'à penser que l'idée, si répandue, qu'il l'éclaire et l'explique ne signifie pas grand-chose. Ce qui est vrai jusqu'à l'évidence, c'est que le passé construit le socle sur quoi s'élève le présent, c'est qu'il accumule les conditions de toute histoire future. Le propre de la vie est de jaillir spontanément. Toujours l'inattendu a le plus de chances de survenir. Mais il faut d'abord qu'il parte de ce qui existe. Et que ce qu'on n'attend pas sorte de ce qu'on connaît. L'histoire est la contrainte de la vie. Le passé est ce qui empêche l'avenir d'être n'importe quoi. Le vent du soir, Jean d'Ormesson, éd. Jean CLaude Lattès, 1985, p. 145 Parmi les cent mille morts russes de la bataille de Moukden figurait le cadavre du capitaine Nicolas. Une des sources dont je m'inspire pour raconter son histoire indique qu'un sourire flottait sur le visage gelé de l'officier de fortune et qu'au milieu des neiges où le sang des soldats laissait des traînées rouges, il avait l'air heureux. Le vent du soir, Jean D'Ormesson, éd. Éditions Jean CLaude Lattès, 1985, p. 365 Tous les hommes en sont fousModifier Une des fonctions les plus mystérieuses et les plus constantes du temps est d'élever le hasard à la dignité de la nécessité. Le monde avance à coups de rencontres et le temps qui passe les transforme en les hommes en sont fous, Jean D'Ormesson, éd. Éditions Jean CLaude Lattès, 1986, p. 19 Mais moi, j'ai vu pleurer Pandora ou Vanessa, je les ai vues se méfier de leurs pouvoirs et de leurs dons, je les ai vues troublées de régner avec si peu de peine sur le monde et sur les hommes. On me dira que j'étais, que je suis, que j'ai toujours été partial. Je dirai que personne ne peut jamais juger personne et que le cœur des êtres humains est plus insaisissable que la mer ou le feu. Je crois que, dès l'enfance, par leur charme et leur dureté, par leurs folies, par leurs mensonges, les quatre sœurs O'Shaughnessy n'ont jamais rien fait d'autre que d"essayer de se défendre. Tous les hommes en sont fous, Jean D'Ormesson, éd. Éditions Jean CLaude Lattès, 1986, p. 45 – La beauté…, la beauté… Ce qui compte, voyez-vous, ce n'est ni la beauté, ni le bonheur, ni peut-être le malheur. C'est d'avoir fait quelque chose de sa vie et qu'il en reste un parfum dans le souvenir et dans le cœur. Tous les hommes en sont fous, Jean D'Ormesson, éd. Éditions Jean CLaude Lattès, 1986, p. 146 La musique de Verdi émut beaucoup la comtesse. Les souvenirs lui revenaient en foule. Et les souvenirs de Marie étaient pour moi autant de rêves. Après le chœur des esclaves, elle se tourna vers moi dans la loge immense que nous occupions à nous deux – Nous sommes tous des esclaves, me dit-elle. – Les esclaves des autres, lui dis-je. Et les esclaves de nous-mêmes. – Oui, c'est un peu çà. Des passions des autres et de nos propres passions. Des folies des autres. Et de notre folie à nous. Tous les hommes en sont fous, Jean D'Ormesson, éd. Éditions Jean CLaude Lattès, 1986, p. 146 Le bonheur à San MiniatoModifier Oh ! Jean ! Qu'est-ce que c'est que cette vie où tout marche de travers, où les plus jeunes meurent les premières, où les amants se quittent, allez savoir pourquoi, où on n'aime pas ceux qu'on aime et où on aime ceux qu'on aime pas ? Est-ce que tu crois, comme l'oncle Winston, qu'il va y avoir la guerre ? Est-ce que tu crois surtout qu'un jour, un beau jour, après tant de plaisirs et de détresse, nous finirons par apercevoir, là-bas, au loin, quelque chose d'obscur et de calme qui sera le bout du chemin ? Le bonheur à San Miniato, Jean D'Ormesson, éd. Éditions Jean CLaude Lattès, 1987, p. 29 Casimir mène la grande vieModifier Jamais le monde n'a été aussi bas, ronchonnait mon grand-père. Aussi veule, aussi médiocre. Il ne croit plus à rien si ce n'est à l'argent. Pour le soulever si peu que ce soit au dessus de lui-même, il faut descendre jusqu'au jeux de ballon qu sont la pâle réplique des jeux du cirque d'autrefois. Casimir mène la grande vie, Jean D'Ormesson, éd. Gallimard, 1997, p. 135 Comme un chant d'espéranceModifier Il n'y a qu'un choix, en fin de compte, et tout se joue dans ce choix entre le néant travaillé par le hasard et Dieu. Nous ne pouvons rien savoir du néant avant le big bang ni du néant après la vie. Les choses sont si bien tricotées que le mur de Planck et le mur de la mort sont également infranchissables. Mais nous pouvons nous faire une idée de ce qui est possible et de ce qui est impossible. Si l'univers est le fruit du hasard, si nous ne sommes rien d'autre qu'un assemblage à la va-comme-je-te-pousse de particules périssables, nous n'avons pas la moindre chance d'espérer quoi que ce soit après la mort inéluctable. Si Dieu, en revanche, et ce que nous appelons — à tort — son esprit et sa volonté sont à l'origine de l'univers, tout est possible. Même l'invraisemblable. D'un côté, la certitude de l'absurde. De l'autre, la chance du mystère. Comme un chant d'espérance, Jean d'Ormesson, éd. Héloïse d'Ormesson, 2014, p. 85 Dieu sans les hommes est un rêve vide, très proche de rien, un néant infini, une éternité d'absence. Il est une invitation à la solitude et à l’orgueil. Il mène à l'intolérance, à une espèce de folie et souvent à l'horreur. Les hommes sans Dieu sont guettés par une autre forme d'orgueil et par l'absurde dans toute sa pureté. Ils sont, eux aussi, sur le chemin de l'horreur et de la folie. Comme un chant d'espérance, Jean d'Ormesson, éd. Héloïse d'Ormesson, 2014, p. 92 J'ai aimé Dieu, qui n'est rien aux yeux des hommes qui ne sont rien. Je n'ai détesté ni les hommes ni les femmes. Et j'ai aimé la vie qui est beaucoup moins que rien, mais qui est tout pour nous. Je chanterai maintenant la beauté de ce monde qui est notre tout fragile, passager, fluctuant, et qui est notre seul trésor pour nous autres, pauvres hommes, aveuglés par l'orgueil, condamnés à l'éphémère, emportés dans le temps et dans ce présent éternel qui finira bien, un jour ou l'autre, par s'écrouler à jamais dans le néant de Dieu et dans sa gloire cachée. Comme un chant d'espérance, Jean d'Ormesson, éd. Héloïse d'Ormesson, 2014, p. 95 A la fameuse question de Leibniz que nous avons déjà rencontrée sur notre chemin Pourquoi y a-t-il quelque chose au lieu de rien ? », il y a une seule réponse possible Parce que Dieu a distingué le tout du rien. » Mais, à l'intérieur de cette réponse, il y a une autre réponse, incluse, subalterne et annexe Parce que Dieu a confié à l'homme le tout tiré du rien pour qu'il en fasse un monde où, grâce à l'espace et au temps, à la nécessité et au hasard, l'absence se change en présence et le mystère en raison. » Avec ses sens et sa pensée, l'homme crée une seconde fois le monde tiré par Dieu du néant infini et de l'éternité du rien. Comme un chant d'espérance, Jean d'Ormesson, éd. Héloïse d'Ormesson, 2014, p. 111 La Douane de merModifier Je lui parlais du silence, de l'oubli, de l'absence. Je lui parlais de l'orgueil, de la tristesse, de la jalousie, de la haine qu'il serait impossible d'inventer si nous ne les connaissions pas. Je lui parlais du souvenir. Je lui parlais de l'espérance. Tout cela, qui lui semblait flou, avait une réalité sur la planète où vivent les hommes et où il a débarqué. Tout cela existait chez nous et n'existait que chez nous. La mélancolie et l'attente sont des spécialités de cette province reculée que nous appelons le monde. La Douane de mer 1994, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2006 ISBN 2-07-039461-1, p. 53 Je trouve le monde épatant. Il m'amuse à la folie. Je ne sais pas où il va. Et parce que je suis un ignorant, un sceptique, un imbécile, je crois, contrairement à la quasi-totalité de mes contemporains, que l'homme n'est pas le maître de son propre destin, qu'il y a quelque chose au-dessus de lui qui donne un sens à l'univers et que ce qu'il y a de mieux à faire... – Eh bien, demanda A en penchant la tête d'un geste brusque, ce secret des secrets, dis-moi donc ce que c'est ? – C'est de faire ce qu'il peut. Wer immer strebend sich bemüth, den können wir erlösen. » La Douane de mer 1994, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2006 ISBN 2-07-039461-1, p. 186 Toute vie est amère parce qu'elle se termine par la mort. La vie est une maladie mortelle, à transmission sexuelle, dont on se guérit un peu chaque jour et qui finit par nous emporter. La vie est un prêt gratuit que nous ne pouvons pas refuser, que nous devons toujours rembourser, qui nous est successivement consenti et retiré, et auquel nous tenons plus qu'à tout. Au moins tant que nous vivons. La Douane de mer 1994, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2006 ISBN 2-07-039461-1, p. 227 Il n'y aurait qu'une chose de pire que de mourir ce serait de ne pas mourir. Ne me replonge pas dans la vie elle n'a de prix que parce qu'elle cesse. Tous, ou presque tous, nous avons peur de mourir. Mais une fois dans la mort, dans la paix, dans l'oubli, aurions-nous envie de revenir sur cette Terre ? La Douane de mer 1994, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2006 ISBN 2-07-039461-1, p. 227 Histoire du Juif errantModifier Il marchait. Il marcha jusqu'à la nuit. Il s'était déjà beaucoup éloigné de la ville lorsque la faim s'empara de lui. Et la soif. Les passions, les ambitions, les idées, les projets ne viennent qu'en seconde ligne. Il faut d'abord boire, et manger, et dormir, et tout le reste. Sans jamais en souffler mot dans les torrents de livres et de films qui nous tombent sur la tête, nous passons notre temps à mener notre corps au garage, à le ravitailler et à le vidanger. De La Princesse de Clèves au Soulier de satin, en passant par Adolphe et par La Chartreuse de Parme, on dirait que nos héros sont munis d'une dispense de trimbaler un corps. Ils n'ont le droit que de faire l'amour parce que l'amour est le lien entre le rêve et la machine. Nous sommes une machine avant d'être un esprit et une âme. Il peut y avoir des machines sans esprit et sans âme. Dans ce monde au moins, il n'y a pas d'esprit et d'âme sans qu'il y ait une machine. Ahasvérus avait soif. Et il avait faim. la nuit tombait. Il aperçut une lumière qui brillait dans une maison. Il poussa la porte après l'avoir frappée de son bâton et il entra dans la maison. Histoire du Juif errant 1990, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2004 ISBN 2-07-038578-7, p. 117 En désobéissant au Créateur, en découvrant cette force inouïe que représentait le mal, Adam avait donné le départ à quelque chose de plus fort que la Grande Aventure c'était l'histoire. En maltraitant le Galiléen qui se disait fils de Dieu, Ahasvérus s'était condamné à la parcourir en entier. Il était le second Adam. Lui portait sur ses épaules le poids écrasant du péché perpétuel [...] Il parlerait toutes les langues. Il aurait toujours dans sa poche assez d'argent pour survivre. Et le cancer, les armes blanches, le pistolet, le poison, la tempête et le feu, la cruauté des hommes et leur justice, le hasard et le destin seraient contraints de l'épargner. L'âge, c'est-à-dire le temps, n'aurait pas prise sur lui. Il avait laissé marcher le Galiléen vers sa mort. Il marcherait lui-même sans fin à travers l'univers. Mais il ne le savait pas encore. Histoire du Juif errant 1990, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2004 ISBN 2-07-038578-7, p. 174 Je dis que tout s'en va. Je dis que tout meurt et disparaît. Et que quelque chose, pourtant, subsiste, chez ceux qui restent, de ce qui a disparu. Que quelque chose, pourtant, subsiste, chez les vivants, de ce qui a vécu. C'est ce que nous appelons le souvenir. La mort n'est pas la fin de tout puisqu'il y a le souvenir. Les hommes rêvent de fantômes, de revenants, de forces spirituelles et mystérieuses, dont on ne sait presque rien, dont on attend presque tout. Le premier des fantômes, le premier des revenants, la plus formidable des forces spirituelles, vous le savez bien, c'est le souvenir. Rien de plus beau que l'espérance — si ce n'est le souvenir, qui est l'inverse et la même chose. Histoire du Juif errant 1990, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2004 ISBN 2-07-038578-7, p. 267 Distinguez-vous ce jeu au loin entre le temps et la vie ? Il repose tout entier sur un mystère effrayant quand il n'y aura plus rien, il y aura eu quelque chose et la mort elle-même n'efface pas le souvenir. Ah ! je ne dis pas grand-chose, non je ne dis presque rien, je dis que tout s'en va et que tout disparaît, je dis qu'il y a une âme du monde et que ce qui a été ne peut pas ne pas être. Histoire du Juif errant 1990, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2004 ISBN 2-07-038578-7, p. 267 C'est ce flou permanent, c'est ce passez muscade entre le coupable et la victime qui a fait du Juif errant une figure si remarquable et si intéressante qu'elle n'a jamais cessé de séduire écrivains et artistes. Je suis tout le monde et moins que rien. Je suis l'horreur de vivre et tous vos éblouissements. Je suis aussi la fatigue. la contradiction, et la fatigue. La passion et la fatigue. j'en ai assez de marcher. j'en ai assez d'un monde qui s'imagine toujours avoir tout découvert et qui ne comprend jamais rien. Voilà deux millénaires que je marche sur cette planète où tout se transforme toujours et où rien ne change jamais. C'est ce qui me rapproche des pauvres les pauvres sont fatigués. Moi aussi. Histoire du Juif errant 1990, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2004 ISBN 2-07-038578-7, p. 501 Je crois qu'il faut savoir, et quelquefois mourir, pour des choses — comment dire ?... choisies presque au hasard. Non pas tant parce qu'elles sont vraies — qu'est-ce que la vérité ? — mais parce qu'elles vous paraissent, à vous qui ne savez rien, plus belles, plus justes, plus grandes. Non pas tant parce qu'elles sont vraies, mais parce que vous les avez choisies. Histoire du Juif errant 1990, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2004 ISBN 2-07-038578-7, p. 505 Il vous faudra sans moi découvrir dans ce monde tout ce qui en fait le charme, la drôlerie, l'imprévu, la grandeur. Parce que vous, au moins, avez la chance de mourir et que le temps vous est mesuré. La griserie d'exister n'en sera que plus vive. La répétition perpétuelle de combinaisons qui ne changent guère teinte mes expériences d'un peu de lassitude et d'ennui. Vous, au contraire, la seule chose que vous ayez à craindre, c'est la mélancolie du temps qui passe. Quelle aubaine ! Quel enchantement ! La vie pour vous sera si belle que, malgré les échecs et les souffrances que nous connaissons tous, vous aurez, je vous le dis, un peu de mal à la quitter. Moi qui n'aspire qu'à une mort à jamais refusée, je vous envie de pouvoir partir avant l'horreur et l’écœurement. Histoire du Juif errant 1990, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2004 ISBN 2-07-038578-7, p. 510 Le rapport GabrielModifier Le temps, l'espace, la nécessité, la loi règnent sur tout ce petit monde. Ils ne règnent pas sur les autres univers a qui j'ai donné d'autres lois et que les hommes, parce qu'ils vivent dans le temps, sont hors d'état, non seulement d'imaginer, mais même de concevoir. La pensée des hommes est soumise à la même loi qui domine l'univers et c'est pour cette raison qu'ils sont incapables de le comprendre et incapables d'en sortir. Le rapport Gabriel 1999, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2003 ISBN 2-07-041735-2, p. 39 L'idée que la nécessité n'était peut-être pas nécessaire et que le hasard était un autre nom de ma volonté ne les a pas effleurés parce qu'ils ne voulaient pas qu'elle pût les effleurer. Ils ont choisi n'importe quoi, mais qui restait à leur niveau, plutôt que quelques chose qui risquait de les dépasser. Et ils sont allés jusqu'à reconnaître bruyamment, avec un peu plus qu'une ombre d'affection et de provocation, qu'ils préféraient l'absurde au mystère. Le rapport Gabriel 1999, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2003 ISBN 2-07-041735-2, p. 47 Le monde est enchanteur, et il est dérisoire. S'il n'y a rien d'autre que le monde, le monde est absurde et il n'a aucun sens. S'il y a autre chose que le monde, le monde ne peut prêter qu'à pleurer ou à rire. J'imagine que, de la-haut, l'Éternel nous regarde et qu'il nous prend en pitié. Jetons-nous dans la mer, bénissons le Soleil, courons dans la montagne, épuisons notre vie qui nous vient on ne sait d'où et jouons à la balle sur les bords du néant et de l'éternité. Le rapport Gabriel 1999, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2003 ISBN 2-07-041735-2, p. 258 Le temps surtout met sa barrière entre écrivain et journaliste. Le temps — au galop ! au galop ! — a deux propriétés, contradictoires et identiques le temps passe et il dure. Alors que le journaliste est tout entier du côté du temps qui passe — J'appelle journalisme, écrit André Gide, ce qui sera moins intéressant demain qu'aujourd'hui » et Péguy Rien n'est plus vieux que le journal de ce matin, et Homère est toujours jeune » —, l'écrivain est tout entier du côté du temps qui dure. Rivé à l'actualité, le mot d'ordre du journaliste est l'urgence ; l'écrivain ne pense à rien, si ce n'est à l'essentiel. Et l'urgent, à notre époque, est l'ennemi juré de l'essentiel. Alors, disait Forain à un ami qui venait de se faire installer le téléphone, alors, on te sonne, et tu y vas. » Le rapport Gabriel 1999, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2003 ISBN 2-07-041735-2, p. 332 – Quel est l'essentiel ? demanda Gabriel. – Tu le sais mieux que moi, répondis-je. – Et quel est l'urgent ? Je réfléchis un instant. – C'est de sauver les hommes, lui dis-je. Le rapport Gabriel 1999, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2003 ISBN 2-07-041735-2, p. 333 Que de belles filles à l'aube ont passé dans ma vie ! Elles me donnaient un vertige qui ne reposait pas seulement sur le désir et le sexe. Elles indiquaient les chemins innombrables qu'aurait pu prendre le destin. Elles étaient les flèches de bois qui guident en montagne le voyageur égaré vers des vallées opposées. Elles étaient les panneaux blancs que la police militaire allemande avait multipliés dans le labyrinthe mystérieux de paris occupé Kommandantur, Notre-dame, Lazaret, Arc de triomphe... Elles étaient la rose des vents. Elles étaient les carrefours avortés d'une existence de rêve qui ne verrait jamais le jour. Le rapport Gabriel 1999, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2003 ISBN 2-07-041735-2, p. 404 La gloire de l'EmpireModifier L'Empire n'avait jamais connu la paix. Il avait fallu l'édifier, et puis il avait fallu le défendre. Du fond de son histoire montait la rumeur des haches et le sifflement des javelots et les cris des mourants, le soir, après la bataille. Les forêts du nord et de l'est, les hautes montages du sud n'avaient pas suffi à le protéger des attaques et des gloire de l'Empire 1971, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2002 ISBN 2-07-038941-3, p. 15 Au plaisir de DieuModifier Je suis né dans un monde qui regardait en arrière. Le passé y comptait plus que l'avenir. Mon grand-père était un beau vieillard très droit qui vivait dans le souvenir. Sa mère avait dansé aux Tuileries avec le duc de Nemours, avec le prince de Joinville, avec le duc d'Aumale, et ma grand-mère à Compiègne avec le prince Impérial. Mais c'était à la monarchie légitime qu'à travers tant de désastres, de barricades, de citadelles assiégées, de rebelles triomphants, ma vieille tribu tout entière restait passionnément attachée. Les Lendemains qui chantent aux oreilles des prophètes ne lu disait rien qui plaisir de Dieu 1974, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2006 ISBN 2-07-037243-X, p. 13 Dieu, sa vie, son œuvreModifier Il me semble, à travers Dieu, me souvenir enfin de ce que je n'ai jamais su. Et peut-être de ce que personne n'a jamais pu savoir. Il me semble deviner déjà ce qui me restera toujours interdit et fermé par le temps encore à venir. Puisque je participe à la totalité, quelque chose de Dieu palpite dans ce que j'écris. Je l'écris parce que je souffre d'un étrange maladie j'ai le vertige du monde. Je lutte contre le mal par la vaccination, par l'homéopathie je prends quelques gouttes de l'océan universel et je les infuse dans ces pages. Au hasard, n'importe comment, en quantités imperceptibles et infinitésimales traces, comme dit le jargon. Il y a, dans ce livre à la gloire du saint nom, des traces de l'univers, il y a des traces de Dieu. Dieu, sa vie, son œuvre 1981, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2004 ISBN 2-07-037735-0, p. 155 Ni la peinture ni la musique, ni philosophes ni tragédiens, ni poètes ni romanciers — ni les historiens, bien entendu — n'ont osé abordé le thème du tête-à-tête céleste entre le bien et le mal. Au moment de franchir le pas, on hésite à leur donner tort. L'absence de toute source, de toute espèce de référence autre qu'un sentiment collectif dépositaire de secrets qui remontent à des âges évanouis et mystiques rend la tâche presque impossible. Il faut pourtant répondre à la question fondamentale que les hommes se posent sans l'ombre d'une solution, depuis la nuit de temps Pourquoi y-a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » Et à la question subsidiaire Pourquoi Dieu a-t-il permis qu'il y ait du mal dans le monde ? » Puisque c'est la réponse à ces deux questions qui constitue l'origine et le sens de ce livre, il n'est plus temps de reculer. Dieu, sa vie, son œuvre 1981, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. Folio », 2004 ISBN 2-07-037735-0, p. 286 Odeur du tempsModifier Je dois beaucoup à un petit nombre de maîtres et d'amis — des vivants et des morts — qui m'ont fait ce que je suis. Les uns, parce qu'ils m'ont encouragé, aidé, soutenu les autres, parce que je les ai lus. À beaucoup d'égards imparfait, bâti de bric et de broc, encombré de répétitions inhérentes à son genre, et parfois de contradictions, ce livre est très loin d'être un de ces livres d'amertume que dicte parfois le grand âge que j'atteints à mon tour. C'est un livre de gratitude et d'admiration. L'admiration, de nos jours, n'est pas un sentiment à la mode. Odeur du temps est un exercice d'admiration et de fidélité. Voilà plus de trois quarts de siècle que ce monde où j'ai été jeté par le hasard ou par la Providence n'a jamais cessé de m'éblouir. C'est un peu de cet éblouissement que voudraient transmettre ces pages déjà peut-être, mais à peine, jaunies par le du temps, Jean d'Ormesson, éd. Éditions Héloïse D'Ormesson, 2007 ISBN 978-2-35087-058-8, p. 15 Qu'est-ce qu'ils nous apprennent, Aragon, et Yourcenar, et Borges, et Cioran, et les autres ? Que, selon la belle formule de Pessoa, la vie ne suffit pas » et que la littérature est là pour nous élever un peu au-dessus de nous-mêmes. Odeur du temps, Jean d'Ormesson, éd. Éditions Héloïse D'Ormesson, 2007 ISBN 978-2-35087-058-8, p. 93 Saveur du tempsModifier Ce qu'est ce livre au fond, c'est un exercice d'admiration — tempérée, ici ou là, par l'inquiétude ou l'ironie. Admiration pour les hommes, admiration pour les œuvres, admiration pour la beauté du monde. Dans une époque plus portée à la dérision qu'à l'admiration, voilà un défi un peu audacieux. Je le relève sans trop de crainte. Nous vivons une période suffisamment préoccupante pour que, de temps en temps, nous essayions de viser un peu plus haut et de rendre à l'espérance des couleurs trop souvent du temps, Jean d'Ormesson, éd. Éditions Héloïse D'Ormesson, 2009 ISBN 978-2-35087-114-1, p. 13 La crise de la littérature et plus particulièrement du roman, dont chacun parle aujourd'hui avec insistance mais dans le vague, vient d'abord sans doute de l’absence de grands écrivains. Cette absence contraste singulièrement avec la profusion et l'éclat des années 1920 et 1930. Dans un dictionnaire des auteurs de l'entre-deux-guerres, la seule lettre M — privilégiée, j'en conviens — fournissait Mauriac, Maurois, Montherlant, Morand, Maurras, Malraux et Martin du Gard - sans parler des Charles Morgan et des Soomerset du temps, Jean d'Ormesson, éd. Éditions Héloïse D'Ormesson, 2009 ISBN 978-2-35087-114-1, p. 19 Je dirai malgré tout que cette vie fut belleModifier Ils fréquentaient les dieux dont ils descendaient en droite ligne. Et voilà qu'ils se retrouvent en primates, avec des bactéries et des algues pour grands-mères. Ils en savent, bien sûr, beaucoup plus sur l'univers, sur son histoire, sur leur propre personne, ils sont autrement plus puissants qu'hier dans tous les domaines où ils ont roulé de triomphe en triomphe, et l'orgueil les submerge — mais ayant perdu leurs illusions, réduits à leurs propres forces, se méfiant d'eux-mêmes et de leurs pouvoirs toujours croissants, ils ont dégringolé du piédestal où ils s'étaient juchés et ils ont rapetissé. Je dirai malgré tout que cette vie fut belle, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, 2016 ISBN 978-2-07-017829-2, p. 416 La vérité, c'est que nous sommes trop grands pour nous. Nous sommes déchirés entre notre petitesse et notre grandeur, entre notre misère et notre puissance. Il n'est rien d'impossible au pouvoir d'un esprit enfermé dans un corps destiné à pourrir et qui n'apparaît que pour se hâter de disparaître. Chacun d'entre nous est un roi très puissant, enchaîné, glorieux, misérable, voué à la poussière et dévoré d'espérance. Je dirai malgré tout que cette vie fut belle, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, 2016 ISBN 978-2-07-017829-2, p. 425 Je crois que derrière le roman de l'univers, avec ses structures si précises et ses rebondissements, et derrière le grand théâtre de la vie, avec son intrigue si bien ficelée, ses dialogues si brillants, ses anecdotes sans fin, son style loué de toutes parts, son mélange si savant de tragique et de comique, il y a comme une puissance inconnue. Je dirai malgré tout que cette vie fut belle, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, 2016 ISBN 978-2-07-017829-2, p. 433 Il est impossible de se faire une idée, même approximative et figurée, de l'origine de cette abstraction portée à l'incandescence que serait un temps en train d'apparaître et de se mettre à couler. Il n'apparaît pas et il ne coule pas pour la raison la plus simple il n'existe pas. Ou, du moins, il n'existe pas en tant que tel. Il n'est pas une réalité. Il n'a pas d'existence propre. Il n'y a pas de temps vide comme il peut y avoir un espace vide. Le temps n'est rien d'autre qu'une dimension — ou plutôt la dimension — nécessaire et universelle de tout ce qui est appelé à exister à partir du big bang. Je dirai malgré tout que cette vie fut belle, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, 2016 ISBN 978-2-07-017829-2, p. 439 Tout semble se déglinguer de partout. Sa langue surtout, son bien le plus précieux, qui brillait de mille feux et régnait sur l'Europe qui régnait sur le monde, se défait de jour en jour. Confucius le savait déjà à l'époque de Platon et de Sophocle il faut prendre garde aux mots. Une langue qui faiblit, c'est un pays qui vacille. Je dirai malgré tout que cette vie fut belle, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, 2016 ISBN 978-2-07-017829-2, p. 448 Guide des égarésModifier Plus familière et plus présente que l'air toujours absent, l'eau est aussi plus étrange et plus paradoxale. Elle n'a ni forme ni couleur, mais nous pouvons la voir. Elle n'émet aucun son, mais nous écoutons volontiers sa musique et ses plaintes. Nous pénétrons parfois dans son invraisemblable texture, mais le plus souvent c'est elle qui nous pénètre pour s'installer chez nous où elle règne en maîtresse. A sa forme si instable et secrète jusqu'au miracle nous donnons le nom de liquide ». Guide des égarés, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. nrf », 2016 ISBN 978-2-07-269436-3, p. 31 Le temps existe, bien sûr, puisque nous vieillissons et mourons, puisque tout passe et s'en va. Mais il n'a pas, comme l'espace, une réalité par lui-même. Il n'est pas un fleuve où nous nous plongerions. Mystère profond, il est attaché à la matière et à la vie. Memento mori perpétuel et tout puissant, il est, sur toutes les formes les plus diverses de la réalité et de l'existence, sur toutes leurs facettes et tous leurs fragments les plus infimes, la marque indélébile d'un élan vers la mort et la disparition. Guide des égarés, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. nrf », 2016 ISBN 978-2-07-269436-3, p. 42 Chacun de nous sort d'un mécanisme physique qui repose sur l'union de deux corps matériels et monte vers la liberté. La vie sort de molécules et de bactéries étrangères à tout esprit et monte — au moins de loin — vers le savoir, l'art, la beauté, la vérité. Le talent, le génie, l'imagination, la bonté sortent d'ovules et de sperme. Et l'univers lui-même sort d'une explosion matérielle avant de monter dans le temps, vers l'histoire, vers la mort au bout du rouleau — et, paradoxe suprême, vers la pensée et l'amour qui unissent la matière et l'esprit. Tout sort de la matière et tout monte vers l'esprit. Comme le monde lui-même, la pensée est une incarnation. Guide des égarés, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. nrf », 2016 ISBN 978-2-07-269436-3, p. 47 Le mal est une trouvaille de génie qui n'appartient qu'aux hommes. Il est une invention et un prolongement de la pensée. Guide des égarés, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. nrf », 2016 ISBN 978-2-07-269436-3, p. 49 Ce qu'il y a de plus étrange dans la mort, c'est cette barrière infranchissable qui la sépare de la vie. On dirait un fait exprès. Très loin dans le passé, il y a des millions et des millions de siècles, un mur s'élève tout au début pour nous empêcher de connaître notre origine. Très près dans l'avenir, dans quelques années, dans quelques mois ou peut-être demain, un mur s'élève tout à la fin pour nous empêcher de connaître notre destin. Nous ignorons d'où nous venons, nous ignorons où nous allons. Nous sommes tous des égarés. Guide des égarés, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. nrf », 2016 ISBN 978-2-07-269436-3, p. 66, 67 Chacun a le droit, et peut-être le devoir, d'être heureux. Les traités du bonheur et les recettes pour y parvenir sans trop de peine en quelques leçons ont fleuri un peu partout. J'ai contribué moi-même à cet engouement collectif et un peu forcé. Peut-être faut-il rappeler que la recherche frénétique du bonheur ouvre le chemin le plus sûr vers l'échec et le dégoût. Le bonheur n'est pas un but, encore moins une carrière ou une obligation, mais un don gratuit, une surprise ou la récompense de ceux qui ne passent pas leur temps à le cultiver. Le bonheur n'est pas un exercice narcissique et solitaire. Il tombe, comme par hasard, sur la tête et dans le cœur de ceux qui, loin de s'occuper d'eux-mêmes, s'occupent plutôt d'autre chose — et des autres. Guide des égarés, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. nrf », 2016 ISBN 978-2-07-269436-3, p. 72 Le progrès est une réalité. Le progrès est une évidence. Le progrès est une idole. Le progrès est un mythe. Tout passe, tout évolue, mais tout reste semblable. Le prince Salina, dans Le Guépard de Lampedusa revu par Visconti, l'avait déjà déjà deviné rien ne change jamais que pour mieux se poursuivre. Guide des égarés, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. nrf », 2016 ISBN 978-2-07-269436-3, p. 79 Une bonne partie, et la plus bruyante, de l'art d'aujourd'hui s'est détournée de la beauté. Une œuvre d'art a encore le droit d'être belle. Elle peut aussi nourrir des ambitions différentes. Au lendemain de deux guerres mondiales et de la crise économique, avec les progrès de la science et la crainte de l'avenir, après Rimbaud, Joyce, Picasso, Charlie Chaplin d'un côté, Barnum, la radio, le cinéma, la télévision de l'autre, le rejet, le combat, la fureur, une éthique parfois inversée ont pris la place de l'admiration, inséparable de la beauté. Les médias et l'argent ont détrôné la reconnaissance par les pairs et la gloire. Les metteurs en scène l'ont emporté sur les auteurs. Le commentaire sociologique s'est emparé de l'art. Guide des égarés, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. nrf », 2016 ISBN 978-2-07-269436-3, p. 90 Le problème avec la vérité, qui est adéquation de la pensée et de la réalité, conformité du langage au monde et à son histoire, c'est qu'elle ne cesse de se dérober. Elle se situe volontiers sous l'invocation de la formule célèbre d'un procureur de Judée au temps de l'empereur Tibère Qu'est-ce-que la vérité ? » Il n'y a de beauté que parce qu'il y a des hommes pour la percevoir. Il n'y a de vérité — de mensonge — que parce qu'il y a une pensée et un langage pour la découvrir — ou la dissimuler. Inséparable de l'expression sous forme de voix ou d'écriture, elle est aussi liée au mal qu'elle affronte et qu'elle dissipe. Assoiffée de reconnaissance, elle est fragile et toujours prête à la bataille. Guide des égarés, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. nrf », 2016 ISBN 978-2-07-269436-3, p. 93 Au-delà des bouleversements de la science, de la technique, des mœurs, de la religion qui déboussolaient les esprits, le découragement des citoyens, le désarroi des consciences, le fameux malaise dans la civilisation n'étaient peut-être rien d'autre que les manifestations de la crise de la vérité. Guide des égarés, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. nrf », 2016 ISBN 978-2-07-269436-3, p. 98 Les chrétiens ont deux convictions, et peut-être seulement deux. Ils croient à Dieu comme source et comme sens de l'univers. Et ils croient à un homme nommé Jésus en qui leur Dieu s'est incarné et qui enseigne conjointement l'amour de Dieu et l'amour des hommes. Puisque Dieu a choisi, dans sa puissance et dans sa gloire, de prendre visage humain, un peu de divinité est descendue sur ses créatures. Dieu se confond avec l'homme. L'homme se rapproche de Dieu. Le christianisme est une théologie, mais est aussi un humanisme. Guide des égarés, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. nrf », 2016 ISBN 978-2-07-269436-3, p. 114 La ConversationModifier Bonaparte J'ai l'imagination républicaine et l'instinct monarchique. Je veux rétablir une monarchie qui soit républicaine. Et ma République à moi est romaine, militaire, guerrière, conquérante. Mon modèle n'est pas Versailles, mon modèle est Rome. Et mon modèle n'est pas les Bourbons, mon modèle est César. La Conversation, Jean d'Ormesson, éd. Héloïse d'Ormesson, 2011 ISBN 978-2-35087-174-5, p. 90, 91 Cambacérès Vous avez réponse à tout. Vous êtes au-dessus des autres hommes. Dans les temps antiques, vous auriez, comme Alexandre, été un demi-dieu, un fils du roi des dieux. La Conversation, Jean d'Ormesson, éd. Héloïse d'Ormesson, 2011 ISBN 978-2-35087-174-5, p. 102, 103 Bonaparte L'imagination gouverne le monde. Elle est mon bien le plus précieux. Je ne connais pas plus l'avenir que vous ou le commun des mortels. Mais, appuyé sur une réflexion constante et sur des souvenirs qui sont nombreux et précis, je le prépare avec beaucoup de soin. Je suis toujours tout entier à ce que j'ai à faire. Mes idées et mes projets, je les prends par le cou, par le cul, par les pieds, par la tête, et je les examine sous toutes leurs faces et je n'abandonne que quand je les ai épuisés. Du coup, ce que j'ai arrêté dans ma pensée, je le regarde comme déjà exécuté et je suis moins ému au moment de la réalisation de mes desseins qu'au moment de leur conception. La Conversation, Jean d'Ormesson, éd. Héloïse d'Ormesson, 2011 ISBN 978-2-35087-174-5, p. 114, 115 Une fête en larmesModifier Je crois que le monde change, je crois qu'il ne cesse de changer et de rester le même, je crois que les hommes progressent et qu'ils montent vers quelque chose d'inconnu qui ressemble à l'espérance et d'où le mal ne sera pas extirpé. Il est aussi ridicule de nier le progrès que de le parer de toutes les vertus. Une fête en larmes, Jean d'Ormesson, éd. Éditions Robert Laffont, 2005 ISBN 2-221-10483-8, p. 44 Je suis de ceux qui croient à un péché originel et à la présence d'un mal qui rentrera par la fenêtre quand on l'aura chassé par la porte. C'est ce monde-là qu'il nous faut non seulement supporter, mais aimer et dont il faut s'amuser. Une fête en larmes, Jean d'Ormesson, éd. Éditions Robert Laffont, 2005 ISBN 2-221-10483-8, p. 72 – À quoi ? demanda Clara avec une ombre d'insolence. – Mais à la mort, lui dis-je. Ne le savez-vous pas ? Tout finit. Les amours éternels finissent aussi par finir. Vous finirez. Je finirai. Je suis près de finir. Vous êtes loin de finir parce que vous êtes jeune. Mais vous finirez aussi. C'est un malheur. Et, en un sens, c'est une chance. On peut dire que, sous le soleil et au-delà du soleil, tout est triste et mal parce que tout finit. On peut dire aussi — et c'est pire, et c'est encore plus triste — que tout est bien parce que tout finit. Une fête en larmes, Jean d'Ormesson, éd. Éditions Robert Laffont, 2005 ISBN 2-221-10483-8, p. 156 C'est pour vous rappeler à la réalité. L'amour lui-même, qui est une des rares choses auxquelles nous puissions, dans cette vallée d'erreurs et de larmes, dans cette galerie de faux-semblants, être tentés de croire, est frappé de malédiction. Il l'emporte de très loin sur toutes les bassesses du monde — mais il lui appartient encore il en partage la misère. Reflet du sacré, il est un rêve, une nuée, une illusion scintillante. Un peu plus haut que tout le reste, il est une des facettes les plus brillantes et les plus enivrantes du néant de ce monde. Une fête en larmes, Jean d'Ormesson, éd. Éditions Robert Laffont, 2005 ISBN 2-221-10483-8, p. 159 Plus sûrement que toute autorité, légitime ou non, la démocratie, le vote, le socialisme, l'impôt ont tué la révolution qui jouissait d'une santé insolente dans l'opposition à la monarchie ou à la dictature, au moins tant qu'elles étaient faibles ou dès qu'elles le devenaient — et toutes les dictatures finissent, à un moment ou à un autre, par se relâcher et s'affaiblir. Nous sommes entrés dans un monde non seulement unifié et très petit, mais souple, fluide, presque livide, malléable jusqu'à l’inexistence et demain virtuel. Ce qui a pu faire naître la conviction que l'histoire est finie, avec ses idées de permanences et de réalité, ses structures, ses institutions, et qu'elle laissait la place à autre chose. Une fête en larmes, Jean d'Ormesson, éd. Éditions Robert Laffont, 2005 ISBN 2-221-10483-8, p. 196 Et moi, je vis toujoursModifier Ce qu'il y a de merveilleux avec la guerre de Troie, c'est que, contrairement à la règle qui veut que l'histoire soit la mère de la poésie, c'est ici de la poésie que surgit enfin l'histoire. Presque tout ce que vous savez de la guerre de Troie sort de l'Iliade d'Homère — dont nous ne savons pas grand-chose, pas même s'il a vraiment existé. L'Iliade de ce poète inconnu, peut-être aveugle, peut-être légendaire, mais en tout cas génial, est la source de tout un pan immense de l'histoire universelle. Et moi, je vis toujours, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, 2018 ISBN 978-2-07-274430-3, p. 26, 27 Avec Héraclite à Éphèse et Parménide en Grande-Grèce, l'oiseau de minerve, sa chouette, son hibou — la philosophie prend son envol. Pour Héraclite, tout passe, tout change, rien ne dure. On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. L'univers n'est qu'une succession d'illusions éphémères. Pour Parménide, c'est le contraire. Le monde est solide et dense. Un mot le résume l'être. L'être est, un point c'est tout. Beaucoup s'imaginent qu'il peut y avoir un néant, du non-être. C'est une erreur. L'être est. Le non-être n'est pas et il ne faut pas en parler. Toute l'histoire de la philosophie à venir sort de l'opposition entre Héraclite et Parménide. Platon et Spinoza seront du côté de Parménide et de sa substance infinie et éternelle. Hegel et Marx seront du côté d'Héraclite. Ils reconnaîtront en lui le maître de la dialectique. Et moi, je vis toujours, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, 2018 ISBN 978-2-07-274430-3, p. 32, 33 Nous devons tout à la Grèce et à Rome. Et pourtant, tout au long de ces siècles de puissance et de gloire, un seul événement, le plus inaperçu d'abord et le plus décisif sans doute de l'histoire des hommes, s'inscrit soudain dans l'espace et le temps un enfant naît sous le règne d'Auguste. Et moi, je vis toujours, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, 2018 ISBN 978-2-07-274430-3, p. 45, 46 L'histoire prend souvent des chemins détournés pour parvenir à son but. Dieu se sert de lignes courbes pour écrire très droit. Ce ne sont pas les empereurs, ce ne sont pas les puissants de ce monde, ce ne sont pas les riches dont Jésus ne dit pas de bien qui font triompher le christianisme. Ce sont les pauvres, les esclaves, les femmes — et les barbares. Et moi, je vis toujours, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, 2018 ISBN 978-2-07-274430-3, p. 47 Corneille, si je ne me trompe, c'est un théâtre d'hommes avec des femmes ; Racine, c'est un théâtre de femmes avec des hommes. Chez Corneille, la volonté l'emporte sur la passion ; chez Racine, la passion l'emporte sur la volonté. Corneille nous montre des héros triomphants ; Racine, des victimes condamnées. Pour Corneille, la tragédie est une grande aventure héroïque qui peut finir bien ; pour Racine, c'est une aventure personnelle et intime qui ne peut finir que mal. Et moi, je vis toujours, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, 2018 ISBN 978-2-07-274430-3, p. 157 Le miracle français était politique, économique et militaire. Il était surtout littéraire, intellectuel, artistique et culturel. Il était lié à des victoires, au commerce, à l'industrie, à la multiplication des ateliers, au savoir-faire de nos artisans. Il reposait d'abord sur l'usage et le triomphe d'une langue qui allait devenir la langue de l'Europe et donner à la France, pour un siècle, et peut-être pour un peu plus, le premier rang dans le monde. Et moi, je vis toujours, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, 2018 ISBN 978-2-07-274430-3, p. 170 Le XVIIe est un siècle d'écrivains. le XVIIIe est un siècle d'intellectuels. Et moi, je vis toujours, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, 2018 ISBN 978-2-07-274430-3, p. 173 Dans beaucoup de régions, et notamment dans cette Europe qui continue à régner sur le monde, la bourgeoisie domine les deux siècles qui succèdent à l'Ancien Régime, à la Révolution et à l'Empire. Beaucoup de définitions ont été données du bourgeois. Il est réservé et il a des réserves. Il ne s'engage jamais tout entier. Il a plus d'intérêts que d'idéal. Il aime le confort et il est conformiste. Il est prudent, sûr de lui, parfois chafouin, affolé de culture, près de ses sous. Il se réclame d'un passé d'ailleurs plutôt récent, d'un art souvent moderne pour essayer de donner le change, de la tradition, de la beauté. Il tente toujours de passer pour audacieux, mais il craint l'avenir, les artistes et l'amour. Il est plus familier des banques et des assurances que de l'agriculture et de la pêche en haute mer. Tout tient en un seul mot l'argent. Orgueilleux et hautains, les aristocrates méprisaient un argent dont ils manquaient rarement. Les bourgeois ont un faible pour l'argent — même celui qu'ils n'ont pas et après lequel ils ne cessent jamais de courir. Et moi, je vis toujours, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, 2018 ISBN 978-2-07-274430-3, p. 214 Déclenchée par un fait divers presque dérisoire, qui sert de prétexte à des haines recuites, la Grande Guerre est une guerre civile aux dimensions mondiales. Dénoncée par un petit nombre de grands esprits qui, d'un côté comme de l'autre, passent aussitôt pour des traîtres, elle va provoquer de grandes souffrances dans les deux camps, entraîner la mort de plus huit millions d'êtres humains et ouvrir la voie au déclin de l'Europe. Et moi, je vis toujours, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, 2018 ISBN 978-2-07-274430-3, p. 233 EssaisModifier Une autre histoire de la littérature française, IIModifier Villon, écrit Kléber Haedens, est le seul cambrioleur professionnel qui ait légué une grande œuvre à la littérature française. C'est un mauvais garçon, un marlou, un truand, un assassin. Il est, avec un talent qui touche parfois au génie, l'ancêtre de nos délinquants des quartiers difficiles. Il annonce de loin Jean Genet, déserteur et voleur. Une autre histoire de la littérature française, II, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. folio », 1998, p. 13 Qu'est-ce qui est au cœur de Marguerite Yourcenar ? Je dirais deux choses surtout. Commençons par la moins importante le savoir, l'érudition, une connaissance approfondie de l'histoire de la culture.[...] L'essentiel de Yourcenar est pourtant encore ailleurs. Il est dans une exigence qui va à contre-courant des tendances de l'époque. Pour dire les choses d'un mot, elle se méfie du bonheur. Elle méprise le bonheur et elle lui oppose le service, qui est peut-être le mot clé de sa personne et de son œuvre. Une autre histoire de la littérature française, II, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. folio », 1998, p. 354 Le désenchantement ne réclame pas de longues tartines. Ce que le chagrin fait de mieux, c'est de se murer dans son silence. Cioran coupe en deux la poire du désespoir. Il ne se répand pas, à la façon de Rolla ou de Childe Harold, en lamentations lyriques, il ne se tait pas non plus tout à fait il procède par coups de semonce, par éclats mesurés, par proverbes plus noirs que ceux de Blake ou de Pierce qui se réclamaient pourtant du diable, par aphorismes et apophtegmes. Une autre histoire de la littérature française, II, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, coll. folio », 1998, p. 384 PresseModifier La culture, depuis peu, s'écrit avec un C » majuscule — ce n'est pas bon signe — on parle de Culture et Communication — on pense Culture et Propagande. La culture est devenue un grand mot et une préoccupation médiocre. Quand j'entends parler de culture, je sors mon carnet de chèques. Disons d'abord — ce sera plus court — ce que la culture n'est pas. Elle n'est pas un devoir. Elle n'est pas une obligation. Elle n'est pas un dîner de gala. Elle n'a rien à voir avec le gouvernement. Elle serait plus proche d'une façon d'être, d'un coup de foudre, d'une fête toujours inachevée du bonheur — ou peut-être de joie. Elle est une longue patience et une tâche infinie — comme l'amour chez Proust, elle est l'espace et le temps rendus sensibles au cœur. Elle est plus orgueilleuse et plus modeste que tout ce que l'on pourrait imaginer. La culture vivante », Jean d'Ormesson, Grandes signatures, nº 1, avril 2008, p. 7 Citation choisie pour le 3 janvier 2009. L'islam est une belle et grande religion. Son prophète est l'un des hommes très rares qui ont bouleversé le monde et transformé de fond en comble le destin des hommes. La Chronique du temps qui passe », Jean d'Ormesson, Le Figaro Magazine, nº 13827, 11 février 1989, p. 9 L'islam est une grande et belle religion. Il faut la reconnaître, la respecter, l'honorer. L'appel de Jean d'Ormesson pour les Chrétiens d'Irak », Jean d'Ormesson, Le Figaro, 2 août 2014 lire en ligne La civilisation musulmane est à l'origine de quelques-unes des plus belles réalisations du génie humain. Daech déshonore cette grandeur de l'islam. Nous sommes en guerre » », Jean d'Ormesson, Le Figaro, 22 décembre 2014 lire en ligne ÉmissionModifier Est-ce que vous voulez qu'on dise des choses un peu dangereuses. Et bien, je dirais que je souhaite aussi que nous fassions la même chose dans les années qui viennent avec les musulmans. Je vais me faire incendier, l'islam n'est pas représenté à l'Académie. Il serait normal que l’islam soit représenté à l’Académie française. Je pense que cela se fera. Il faut laisser un peu de temps. L'Académie est une vieille dame, qui a beaucoup de mal à accueillir de nouveaux jeunes gens [...] Je serais heureux qu'il y ait un représentant de l' l'entrée d' Alain Finkielkraut à l'Académie française, l'écrivain et académicien Jean d'Ormesson en a profité pour formuler un souhait celui de voir un représentant de l'islam intégrer cette prestigieuse institutionJean d'Ormesson, Entretien avec Jean d’Ormesson, Public Sénat, 28 janvier 2016 Citations rapportéesModifier On ne brûle pas encore les livres, mais on les étouffe sous le silence. La censure, aujourd’hui, est vomie par tout le monde. Et, en effet, ce ne sont pas les livres d’adversaires, ce ne sont pas les idées séditieuses que l’on condamne au bûcher de l’oubli ce sont tous les livres et toutes les idées. Et pourquoi les condamne-t-on ? Pour la raison la plus simple parce qu’ils n’attirent pas assez de public, parce qu’ils n’entraînent pas assez de publicité, parce qu’ils ne rapportent pas assez d’argent. La dictature de l’audimat, c’est la dictature de l’argent. C’est l’argent contre la culture … On pouvait croire naïvement que le service public avait une vocation culturelle, éducative, formatrice, quelque chose, peut-être, qui ressemblerait à une mission. Nous nous trompions très fort. Le service public s’aligne sur la vulgarité générale. La République n’a pas besoin d’ le Figaro du 10 décembre 1992, à propos de la suppression par FR3 de l’émission littéraire Caractères. Vous pouvez également consulter les articles suivants sur les autres projets Wikimédia
Jeand’Ormesson nous a quittés le 5 décembre 2017, mais les mots d’une grande philosophie qu’il a inscrits sur le papier tout au long de sa vie lui survivront. Un exemple : ce texte particulièrement inspirant intitulé Le Train de ma vie. Un voyage de la naissance à la mort, qui rappelle les essentiels de l’existence.
Auteurs français ► XXIe siècle ► vous êtes iciAuteurs françaisJean d’Ormesson1925-2017Il y a des jours, des mois, des années interminables où il ne se passe presque rien. Il y a des minutes et des secondes qui contiennent tout un monde.Jean d’Ormesson, Voyez comme on danse, 2001Sommaire Biographie Quelques œuvres Et moi, je vis toujours 2018 Je dirai malgré tout que cette vie fut belle 2016 Et toi mon cœur pourquoi bas-tu 2003 L’Enfant qui attendait le train 1979 📽 15 citations choisies de Jean d’Ormesson Bibliographie Biographie© AbacaJean Lefèvre comte d’Ormesson, plus connu sous Jean d’Ormesson, et parfois surnommé Jean d’O, né le 16 juin 1925 à Paris et mort le 5 décembre 2017 à Neuilly-sur-Seine, est un écrivain, journaliste et philosophe d’Ormesson est issu d’une illustre famille qui compte plusieurs ambassadeurs de France, dont son père, qui lui fait découvrir l’Allemagne, le Brésil, la Roumanie. Jean d’Ormesson suit de brillantes études qui le conduisent tout naturellement à embrasser la carrière de haut fonctionnaire au sein de plusieurs cabinets ministériels puis à l’ premier roman publié en 1956, L’Amour est un plaisir, puis Du côté de chez Jean 1959 et Au revoir et merci 1966 traduisent le plaisir de vivre et l’insouciance de Jean d’Ormesson, avant que La Gloire de l’Empire 1971 ne le consacre vraiment écrivain, inventeur d’histoires et d’Histoire, créant un monde imaginaire et pourtant toujours reconnaissable, une utopie moderne nourrie de culture 1974, année de sa nomination au poste de directeur du Figaro, Jean d’Ormesson est reçu à l’Académie française ; la même année, il publie Au plaisir de Dieu, une fresque sociale et familiale ayant pour toile de fond l’histoire du siècle et ses péripéties tragiques. Ce goût de l’histoire, on le retrouve aussi dans sa trilogie Le Vent du soir Le Vent du soir, 1985 ; Tous les hommes en sont fous, 1986 ; Le Bonheur à San Miniato, 1987 et dans son Histoire du Juif errant 1990. Jean d’Ormesson s’y montre nostalgique d’un passé perdu, celui de la douceur de vivre de l’aristocratie au siècle des Lumières auquel il rêve d’appartenir. Mais il se garde bien de n’être, dans ses romans comme dans ses chroniques au Figaro Magazine, qu’un conservateur passéiste méditant au soir de sa vie. Il sait garder la jeunesse et la fraîcheur de vivre qui l’ont toujours animé, jetant sur le monde un regard critique souvent malicieux, comme dans La Douane de mer 1993 qui fait dialoguer Ô, nouvellement trépassé, et A, un extra-terrestre curieux du genre d’Ormesson est élu à l’Académie française le 18 octobre 1973, au fauteuil 12, face à Paul Guth, succédant à Jules Romains mort l’année fait campagne pour défendre la réception sous la coupole de Marguerite Yourcenar, la première femme admise à l’Académie en 1980 ; il répond à son discours de remerciement en 1981 et reçoit également Michel Mohrt en 1986 et Simone Veil le 18 mars 2010. Il était le benjamin de l’Académie française à son 2015, Jean d’Ormesson est édité au sein de la collection de la bibliothèque de la Pléiade des éditions Gallimard, avec un premier tome d’œuvres choisies Au revoir et merci, La Gloire de l’Empire, Au plaisir de Dieu, Histoire du Juif errant. Il est rare qu’un auteur soit édité dans la collection de son vivant. Un second tome sera publié en livre posthume, Et moi, je vis toujours 2018, Gallimard, occupe la quatrième place des meilleures ventes de romans, sept semaines après sa sortie. Par ailleurs, Jean d’Ormesson a laissé un autre manuscrit que sa fille, Héloïse d’Ormesson, devrait publier en automne d’Ormesson meurt d’une crise cardiaque dans la nuit du 4 au 5 décembre 2017, à son domicile, à Neuilly-sur-Seine, à l’âge de 92 d’Ormesson est élevé à la dignité de grand-croix de l’ordre national de la Légion d’honneur le 11 juillet 2014. Il est officier de l’ordre national du Mérite, commandeur dans l’ordre des Arts et des Lettres. Il est également commandeur de l’ordre national de la Croix du Sud, distinction du Brésil, pays où il avait passé une partie de son 2018, un Prix Jean d’Ormesson a été créé par sa famille en son nom. Présidé par sa veuve Françoise d’Ormesson, ce prix littéraire sera décerné pour la première fois le 6 juin 2018. Il sera placé sous le signe de l’amitié et de l’amour des livres ». Parmi le jury, cinq académiciens Dominique Bona, Marc Fumaroli, Dany Laferrière, Erik Orsenna et Jean-Marie avec joie et fierté que je vous annonce la création du prix Jean d’Ormesson, qui sera décerné le 6 juin prochain, au Centre national du livre, pour s’approcher de la date anniversaire de la naissance de mon père le 16 juin 1925.Héloïse d’Ormesson, éditrice et fille de Jean d’OrmessonQuelques œuvresEt moi, je vis toujours 2018Il n’y a qu’un seul roman – et nous en sommes à la fois les auteurs et les personnages l’Histoire. Tout le reste est imitation, copie, fragments épars, balbutiements. C’est l’Histoire que revisite ce roman-monde où, tantôt homme, tantôt femme, le narrateur vole d’époque en époque et ressuscite sous nos yeux l’aventure des hommes et leurs grandes découvertes. Vivant de cueillette et de chasse dans une nature encore vierge, il parvient, après des millénaires de marche, sur les bords du Nil où se développent l’agriculture et l’écriture. Tour à tour africain, sumérien, troyen, ami d’Achille et d’Ulysse, citoyen romain, juif errant, il salue l’invention de l’imprimerie, la découverte du Nouveau Monde, la Révolution de 1789, les progrès de la science. Marin, servante dans une taverne sur la montagne Sainte-Geneviève, valet d’un grand peintre ou d’un astronome, maîtresse d’un empereur, il est chez lui à Jérusalem, à Byzance, à Venise, à New York. Cette vaste entreprise d’exploration et d’admiration finit par dessiner en creux, avec ironie et gaieté, une sorte d’autobiographie intellectuelle de l’ dirai malgré tout que cette vie fut belle 2016Pour se défendre dans un procès qu’il s’intente à lui-même, l’auteur fait défiler au galop un passé évanoui. Il va de l’âge d’or d’un classicisme qui règne sur l’Europe à l’effondrement de ce monde d’hier » si cher à Stefan Zweig. De Colbert, Fouquet, Bossuet ou Racine à François Mitterrand, Raymond Aron, Paul Morand et Aragon. Mais les charmes d’une vie et les tourbillons de l’histoire ne suffisent pas à l’accusé Vous n’imaginiez tout de même pas, que j’allais me contenter de vous débiter des souvenirs d’enfance et de jeunesse ? Je ne me mets pas très haut, mais je ne suis pas tombé assez bas pour vous livrer ce qu’on appelle des Mémoires ». Les aventures d’un écrivain qui a aimé le bonheur et le plaisir en dépit de tant de malheurs cèdent peu à peu la place à un regard plus grave sur le drame qui ne cesse jamais de se jouer entre le temps et l’éternité, et qui nous toi mon cœur pourquoi bas-tu 2003Disons d’abord ce que ce livre n’est pas une anthologie de plus de la poésie – ou de la littérature – française. Ce sont des proses et des poèmes que je connais – ou connaissais – par cœur. Ce qui figure dans ces pages, ce sont des mots qui ne sont pas de moi et qui valent mieux que moi, mais qui, à force de familiarité, d’admiration, d’une répétition intérieure proche de la rumination, ont fini par se confondre avec moi. Ils tournent, pour la plupart, autour de ces passions qui nous donnent à tous tant de bonheur et tant de souffrance. Et toi mon cœur pourquoi bats-tu. Renonçant à la fois à l’ordre chronologique ou alphabétique et au classement par thèmes, j’ai choisi de présenter en désordre, en vrac, comme ils me venaient à l’esprit et au cœur, ces mots ailés au lecteur. J’ai cherché à donner du plaisir, et peut-être nu peu d’émotion. Il y a encore autre chose une élévation, une hauteur, une sorte d’appel vers ailleurs. La littérature, écrit Pessoa, est la preuve que la vie ne suffit pas. » Les textes ici réunis ont le pouvoir mystérieux de rendre la vie plus belle et de transformer notre existence.Jean d’OrmessonL’Enfant qui attendait le train 1979Il était une fois, dans une vallée lointaine entourée de montagnes, un petit garçon. Le chemin de fer passait près de chez lui et, d’aussi loin qu’il se souvenait, l’enfant guettait la longue chenille d’acier qui filait comme une flèche à travers la campagne. Ce qu’il souhaitait le plus au monde c’était de pouvoir, un jour, monter dans ce train. Mais, bientôt il tomba très malade et ses espoirs de prendre le train s’en furent à mesure que s’éloignaient ceux de sa guérison. Dévastés, ses parents ne savaient plus comment le réconforter et, aidés du médecin, décidèrent d’emmener l’enfant à la gare, au risque de précipiter l’inévitable. Ce conte tendre et touchant est bercé par l’espoir d’une rédemption en édition illustrée pour enfants en 1979, et épuisé pendant des années, ce livre quasiment inconnu du grand public enchantera petits et grands. Œuvre inattendue de la part de Jean d’Ormesson, cette histoire s’inscrit dans la grande tradition des contes.📽 15 citations choisies de Jean d’Ormesson Les hommes sont un peu comme Dieu tout ce qu’ils peuvent faire, ils le font. Ou ils le feront. Presque rien sur presque tout La science, la morale, l’histoire se passent très bien de Dieu. Ce sont les hommes qui ne s’en passent pas. Dieu, sa vie, son œuvre Dans une éternité et un infini qui sont fermés à jamais aux êtres dans le temps, Dieu est le nom le plus commode pour le néant et pour le tout. Presque rien sur presque tout C’est ça qui me fait peur dans le bonheur l’usure, la lassitude, l’effilochage. L’Amour est un plaisir Peut-être la bicyclette, dans ce monde de machines, était-elle à nos yeux une héritière du cheval ? Au plaisir de Dieu Il est plus difficile de prouver à quelqu’un sa bêtise que sa misère. Du côté de chez Jean Depuis le big bang, tout commence à mourir à l’instant même de naître. L’univers n’est qu’un élan vers l’usure et la mort. Voyez comme on danse Toute mort est un mystère parce que toute vie est un mystère. Voyez comme on danse Il y a des jours, des mois, des années interminables où il ne se passe presque rien. Il y a des minutes et des secondes qui contiennent tout un monde. Voyez comme on danse Cette vie foisonnante de l’histoire est si merveilleusement riche qu’elle réduit à néant les inventions sans génie d’une imagination essoufflée. La Gloire de l’empire Rien n’est plus difficile pour chacun d’entre nous que de situer ce qu’il a fait et de se situer soi-même à sa juste mesure. C’était bien De part et d’autre de votre présent si fragile, le passé et l’avenir sont des monstres assoiffés de temps. La Création du monde J’emportais souvent, dans mes voyages, un de ces volumes de la Pléiade » qui vous permettent de transporter toute une bibliothèque sur papier bible dans un format assez restreint. Et je choisissais Proust une fois sur deux ou trois. Le vagabond qui passe sous une ombrelle trouée J’ai aimé Dieu, qui n’est rien aux yeux des hommes qui ne sont rien. Je n’ai détesté ni les hommes ni les femmes. Et j’ai aimé la vie qui est beaucoup moins que rien, mais qui est tout pour nous. Comme un chant d’espéranceBibliographie L’amour est un plaisir, 1956 Du côté de chez Jean, 1959 Un amour pour rien, 1960 Au revoir et merci, 1966 Les Illusions de la mer, 1968 La Gloire de l’Empire, 1971 – Grand prix du roman de l’Académie française, premier grand succès d’édition de l’auteur. Au plaisir de Dieu, 1974 Le Vagabond qui passe sous une ombrelle trouée, 1978 Dieu, sa vie, son œuvre, 1981 Mon dernier rêve sera pour vous, 1982 Jean qui grogne et Jean qui rit, 1984 Le Vent du soir, 1985 Tous les hommes en sont fous, 1986 Le Bonheur à San Miniato, 1987 Album de la Pléiade Chateaubriand, 1988 Garçon de quoi écrire, 1989, avec François Sureau. Histoire du Juif errant, 1990 Tant que vous penserez à moi, 1992 La Fureur de lire la presse, 1992 La Douane de mer, 1994 Presque rien sur presque tout, 1995 Casimir mène la grande vie, 1997 Une autre histoire de la littérature française, 1997-1998 Le Rapport Gabriel, 1999 Voyez comme on danse, 2001 – Prix Combourg. C’était bien, 2003 Et toi mon cœur pourquoi bats-tu, 2003 Une fête en larmes, 2005 La Création du monde, 2006 La vie ne suffit pas Œuvres choisies, 2007 Odeur du temps, 2007 Qu’ai-je donc fait, 2008 L’Enfant qui attendait un train, 2009 Saveur du temps, 2009 C’est une chose étrange à la fin que le monde, 2010 La Conversation, 2011 C’est l’amour que nous aimons, 2012 Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit, 2013 Comme un chant d’espérance, 2014 Dieu, les affaires et nous, chronique d’un demi-siècle, 2015 Je dirai malgré tout que cette vie fut belle, 2016 – Prix Jean-Jacques-Rousseau de l’autobiographie 2016. Guide des égarés, 2016 Et moi, je vis toujours, 2018Articles connexes Auteurs du XXe siècle et du XXIe siècle. Genres littéraires Le roman. – L’essai. – Le conte. Qu’est-ce que la littérature ? Le style littéraire. L’Académie française. Histoire de la France au XXe siècle. Histoire de la langue française. Qu’est-ce que l’histoire ? – Selon Alphonse de de livresRecherche sur le site
14août 2018 - Je vous invite à lire ce magnifique texte de Jean d’ Ormesson qui nous invite à aller à l’essentiel, vivre au présent, choisir la paix, exprimer notre gratitude, pardonner et apprécier celles Pinterest. Aujourd'hui. Explorer. Lorsque les résultats de saisie automatique sont disponibles, utilisez les flèches Haut et Bas pour vous déplacer et la Ily a 4 années Le 21/11/2016 à 06:18. Ormesson vieux malin,donne toujours des leçons de vie a tous - Facile quand on a un bon portefeuille et qu'on sait pas se que c'est que se lever tous les
  1. Օ ωζաцεпсу
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